Récits

Fiction d’une ville aux transports automatisés

Retransmission d’une émission de Arte datant du 25 juin 2016 sous le titre: « Transports : à quoi ressemblera une ville toute automatisée ? Par Miléna Salci & Camille Gicquel »
 
Imaginez une ville où les conducteurs s’adonnent à la lecture au volant, tout en roulant vers une destination pré-enregistrée. C’est la promesse des voitures autonomes qui, connectées entre elles, nous protègeraient des accidents causés par des erreurs humaines. Alors, à quoi pourrait ressembler une ville où tous les transports seraient automatisés ? Pour brosser ce tableau futuriste, FUTUREMAG est parti à la rencontre de Benjamin Frayssinet, géographe urbain au sein du bureau d’étude et de prospective Chronos.

 
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Quels seraient les avantages d’une ville dont tous les transports seraient autonomes et connectés entre eux ?


 
Benjamin Frayssinet : Ils sont divers et variés pour l’usager et pour la collectivité ! Pour le conducteur, le principal avantage serait un gain de confort. La voiture autonome dégagerait du temps pour faire autre chose et modifierait par conséquent la perception même du temps et de l’espace du déplacement automobile. Elle permettrait aussi d’améliorer la sécurité. 90% des accidents de la route sont d’origine humaine, la rigueur algorithmique permettrait de réduire ce taux de façon significative. À terme, l’usager pourrait également faire des économies par le fait de ne pas posséder sa propre voiture (assurance, carburant, réparations, …). Enfin, ces véhicules pourraient avoir un rôle social fort en facilitant l’accès à la mobilité pour tous : les mineurs, les personnes sans permis ou à mobilité réduite.
 
D’un point de vue plus collectif, l’impact environnemental sera considérablement réduit car un un conducteur n’optimise pas un système motorisé : il utilise trop de carburant en accélérant et freinant constamment par exemple. L’automatisation et la mise en réseau seraient donc intéressantes car elles permettraient d’optimiser les conditions de circulation en répartissant et gérant le trafic tout comme le stationnement. On perçoit bien tous les bénéfices mais il y a aussi quelques inconvénients, à commencer par une moindre flexibilité pour les individus qui n’auront plus le même rapport à la mobilité individuelle au quotidien. Cette logique globale de transports nécessitera des investissements coûteux et pourrait rendre les usagers dépendant d’un système de transports. Ils seront donc, au final, un peu moins autonomes !
 
 

Qu’en est-il de l’autopartage ? Permettra-t-il de désengorger les routes ?


 
B.F : Des villes comme Helsinki réfléchissent à des modèles de partage très intéressants comme Kutsuplus. Et à juste titre, car le taux d’occupation d’une voiture est seulement de 1,2 passagers/voiture !
 
À l’avenir, on pourra imaginer des pools de voitures autonomes en autopartage, disponibles sur commande. On observera une diminution du nombre de voitures par ménage, mais une augmentation du nombre de kilomètres par voiture. Même avec des véhicules autonomes, les besoins en mobilité des gens resteront les mêmes ! Résultat : l’espace urbain ne sera pas forcément désengorgé. La vie des gens est faite d’irrationalité, or les transports intelligents veulent rationaliser nos déplacements. Il y a une confrontation entre ces deux logiques.
 
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