Récits

Espagne: La ville de Pontevedra a presque éradiqué la circulation automobile

Article paru sur MobiliCités sous le titre original: « Espagne : Pontevedra, la ville où les piétons sont rois« , par Christine Cabiron

 

La ville de Pontevedra en Espagne est un exemple pour sa politique de mobilité. En 1999, le maire de cette agglomération de 83 000 habitants a entrepris une réforme urbaine donnant la priorité aux piétons. Dans le centre ancien, l’espace public a été requalifié pour favoriser la marche à pied, les commerces et limiter le trafic automobile. La voiture a été reléguée dans un espace extrêmement limité et réglementé. Aujourd’hui, 70% des déplacements sont effectués à pied, la pollution a baissé de 61% et le trafic routier a chuté de 90%.


 
Le centre historique de Pontevedra et le couvent de San Francisco
© G. Santos – Source: Faro de Vigo

 

Une ville où la voiture se fait discrète. Une ville sans bruit, ni gaz d’échappement où les enfants peuvent jouer dans la rue et les personnes à mobilité réduite accéder aux commerces et services sans difficulté. Une utopie ? Non. C’est le modèle urbain développé à Pontevedra : Une ville de 83 000 habitants au Nord Ouest de l’Espagne. En 1999, quand Miguel Anxo Fernandez Lores se présente aux élections municipales son programme est simple. Il propose aux habitants de rendre leur ville accessible à tous, notamment aux plus vulnérables : personnes handicapées, seniors et enfants.
 
Une décision guidée par la directive européenne qui fixe au 1er janvier 2015 l’égalité des droits et des chances de chacun, à travers l’accessibilité des transports, de la voirie et des bâtiments. « De plus en plus de gens vivent en ville : autant la rendre vivable. Pour cela, il faut que l’espace public ne soit pas agressif », précise aujourd’hui le maire, membre du parti social démocrate, le Bloque Nacionalista Galego (BNG).
 
 

Une agglomération sclérosée


 
A la fin des années 90, Pontevreda était sclérosée par le trafic routier. Plus de 27 000 voitures transitaient chaque jour par la place de l’Espagne, située au cœur du centre historique. Se déplacer à pied relevait d’un véritable cauchemar entre le bruit, la pollution, les risques de se faire renverser, l’impossibilité d’utiliser les trottoirs devenus des espaces de stationnement. « La vieille ville n’était pas préparée à ce trafic. Les piétons fuyaient, les cyclistes avaient disparu et le centre se désertifiait. La ville était devenue un « dépotoir » de voitures ». Or pour ce médecin, la marche est le mode le plus naturel pour se déplacer sur des distances inférieures à 3 km. C’est aussi un moyen pour lutter contre l’obésité et les problèmes cardio-vasculaires. « La mobilité piétonne est un élément fondamental pour se déplacer. Ce n’est pas un mode complémentaire », insiste-t-il.
 
 

Modèle social


 
A Pontevedra, cette politique plaçant l’individu au cœur des préoccupations relève d’un modèle social. « L’espace public appartient à tout le monde. Quand on marche, nous sommes tous égaux ». Aussi, pour accroître la qualité de vie, des travaux colossaux ont été entrepris pour rendre la ville aux piétons. Le transit en centre-ville a tout d’abord été interdit. Son accès a été néanmoins maintenu, mais fortement restreint pour les véhicules motorisés. Des boucles de circulation ont été mises en place, tandis que la limitation de vitesse a été fixée à 20 et 30 km/h. Enfin, la durée de stationnement a été limitée à 15 et 30 minutes afin de ne pas pénaliser l’activité économique.
 
Cliquez ici pour lire la suite de l’article
 
 
 

Commenter l’article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Je déclare avoir pris connaissance et avoir approuvé la Charte de modération et j'accepte que ma réaction soit publiée sur le site Lumières de la Ville.