Brèves

Biennale de Venise: Réinventer Détroit

Article paru sur Mediapart sous le titre original: Architecture et image : refaire Détroit à Venise, par Emmanuel Rubio
 
 

A la biennale d’architecture, le pavillon américain interroge le pouvoir de « l’imagination architecturale »… et redessine Détroit au plus proche de la science-fiction cinématographique. Non sans surprises.


 
Preuve que la ville hante plus que jamais l’imaginaire américain, Détroit est cette année au cœur du pavillon américain de la biennale d’architecture. Douze équipes ont été appelées à se concentrer sur l’espace de la ville – et à substituer à l’amour des ruines préromantique, voire au ruinporn contemporain, une projection décidée vers l’avenir. Le tout avec une invention des plus débridées et, il faut bien le dire, des plus brillantes.
 
Après tant de salles ruisselant de modestie, on respire un peu. Car c’est vrai qu’une sorte de résistance à l’esprit du temps se laisse entendre. Sous l’égide d’Aravena, Reporting from the front associe bien souvent – structure oblige – matériaux et formes traditionnelles ; ce qui est loin d’être le cas des Américains. Mark Scogin et Merrill Elam, travaillant sur le quartier de Mexicantown, entendent constituer une architecture à son image, tout de fourbis et matériaux divers. Mais c’est pour ériger une invraisemblable montagne de roches et courbes métallo-plastiques en tous genres. Ailleurs, ce sont carrément des blobs qui prolifèrent sur le sol de Détroit, plus ou moins spongieux, plus ou moins nacrés. Une certaine avant-garde américaine n’a visiblement pas renoncé aux pouvoirs de l’informatique. Ce qui, en temps de boue et bambou, fait au moins sensation.
 

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BairBalliet The next Port of Call

 
Greg Lynn, qui joua il y a vingt ans un si grand rôle dans le développement de l’architecture informatisée, est encore sur la brèche. Son projet s’appuie sur le Packard Plant, soit la première usine automobile construite en béton armé, par Albert Kahn – qui réalisa également celles de Ford à Highland Park. La même rigueur, la même géométrie épurée, lumineuse, et plus haut… littéralement posée sur l’image parfaite de l’architecture moderne… une série d’estomacs blobuleux. Formant une longue ligne organique, sur des centaines de mètres.

 
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Greg Lynn FORM, Center for Fulfillment, Knowledge, and Innovation

 
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