Portraits

Clet Abraham ou le détournement de la signalisation

Article paru sur Time Out sous le titre original: « Clet Abraham : l’art du sens interdit » par Clotilde Gaillard
 
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© C.Gaillard

 
Illégal, peut-être. Illégitime, sûrement pas ! Clet Abraham a beau avoir eu quelques déboires avec la police – notamment japonaise, en janvier 2015 –, l’artiste français n’a jamais abandonné sa mission de poétiser la ville. Et c’est ce qui, de Paris à Londres en passant par Florence – où il vit – en fait un artiste de renommée mondiale. Aujourd’hui apprécié jusque dans les plus hautes sphères autoritaires, ce résistant parcourt les rues seul, à vélo ou avec son petit escabeau, pour coller ses travaux vraiment originaux. Car ce street artiste iconique n’a pas choisi les murs pour exprimer tout son talent créatif, mais un autre mobilier urbain auquel personne n’avait alors pensé : les panneaux de signalisation. Parce que « je n’aime pas tellement les directives et j’en avais marre qu’on me dise quoi faire », explique Clet Abraham, humaniste inspiré par la philosophie de Rousseau selon laquelle : « Renoncer à sa liberté, c’est renoncer à sa qualité d’homme. » D’ailleurs, les plus observateurs d’entre nous ont forcément déjà croisé au moins une de ses œuvres. La plus connue étant le batteur des Clash, façon pictogramme, brisant son instrument sur un sens interdit.
 
Mardi 14 juin, Clet Abraham avait accepté l’invitation du S.E.R (Syndicat des Equipements de la Route) à venir exécuter une performance live au salon Interoute & Ville de la porte de Versailles. L’occasion de poser quelques questions à l’artiste de street art le plus influent de sa génération.
 
 

Comment t’est venue cette envie de détourner les panneaux de signalisation ?


 
J’ai senti un vide dans l’espace urbain, un manque, une erreur lorsqu’un jour j’ai vraiment pris conscience que ce fourmillement de panneaux routiers dans notre environnement faisait passer un message d’une pauvreté un peu désolante. L’art c’est de la communication visuelle, tout comme les panneaux de circulation, alors je me suis senti le devoir de redonner de la valeur et un réel intérêt à cette présence. Qui, il faut bien l’avouer, tant qu’il y aura des voitures, sera nécessaire, on ne pourra pas s’en passer. Il fallait donc qu’ils restent, malgré mon intervention, lisibles. Ainsi, je ne travaille qu’avec de l’adhésif, je ne dégrade pas les panneaux. Je veux simplement leur redonner de l’importance, du sens, sans dénaturer leur fonction de signalisation.
 
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‘The Clash’ de Clet Abraham.
© C.Gaillard

 
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