Portraits

JonOne, le street artiste qui ne veut pas rester « à la rue »

Article publié dans l’Express sous le titre original: JonOne: « Pourquoi le street art devrait-il rester dans la rue et les ghettos? » par Julien Bordier
 
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John Andrew Perello, alias « JonOne », 52 ans: du street art aux galeries…
WILLIAM BEAUCARDET POUR L’EXPRESS STYLES

 

C’est aujourd’hui une valeur consacrée du street art. Installé en France depuis trente ans, l’Américain expose dans les plus grandes galeries et multiplie les projets. Il nous reçoit chez lui, et se raconte.


 
Constellé de gouttes de peinture, le sol est déjà une oeuvre d’art – d’où l’impression de marcher sur un tableau de Pollock. Des toiles fixées aux murs par des agrafes attendent la prochaine couche. A l’entrée, un punching-ball; au milieu de la pièce, un sac de frappe noir éclaboussé de jaune, de rouge, de mauve, de vert… L’atelier de JonOne est la plus bariolée des salles de boxe.
 
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JonOne. Chaussure de travail…
WILLIAM BEAUCARDET POUR L’EXPRESS STYLES

 
Peintre catégorie puncheur, le pionnier du street art attaque ses tableaux comme d’autres montent sur le ring. Une autre définition du « noble art ». Le champion avale une banane pour prendre des forces. Il transpire en solitaire douze heures par jour dans son aire de jeu. « Il n’y a pas de secrets pour être artiste, reconnaît l’Américain. Il faut travailler, passer du temps dans son atelier. » John Andrew Perello, alias « JonOne », 52 ans, n’exerce plus son art dans la rue.
 
Arrivé dans l’Hexagone pour la première fois en 1987, il a squatté différents espaces, avant de poser ses pinceaux et ses pots il y a huit ans aux Lilas, en Seine-Saint-Denis. Ses voisins? Speedy Graphito, L’Atlas, Psyckoze… La fine fleur de l’art urbain. JonOne se moque des chapelles et des cases. Ses références? Pollock, Motherwell, De Kooning…
 
Son style explosif et calligraphique jusqu’à l’abstraction est reconnaissable au premier coup d’oeil. Le graffeur travaille pour des marques de luxe et la Fondation Abbé Pierre, des institutions et des galeries d’art. L’enfant des rues new-yorkaises, qui a débuté en taguant son nom, « Jon156 », sur les murs de Harlem, a vu sa toile, Liberté, Egalité, Fraternité, briller sous les ors de l’Assemblée nationale. Généreux et enthousiaste, JonOne « crache » sa peinture à un rythme effréné, comme un feu qu’il faut sans cesse alimenter de peur qu’il ne s’éteigne.
 

Comment tout a commencé?


 
J’ai grandi à Harlem, dans la 156e Rue, le berceau du graffiti. J’ai vu se répandre les premiers tags, très bruts: Barbara- 62, FDT-56, JAPAN-1… Je me disais: « C’est interdit, mais ça me plaît. » Ces écritures sur les murs me parlaient plus qu’un tableau de Picasso ou de Matisse. Comment font-ils ça? Pourquoi? Pour répondre à ces questions, j’ai voulu participer. Il faut dire aussi que tout a commencé par une histoire d’amour.
 
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