Débats

Comment l’alimentation façonne nos villes

Article publié sur M Blogs, sous le titre original: Pourquoi les villes, comme les hommes, sont ce qu’elles mangent ? par Anne-Sophie Novel / @SoAnn sur twitter
 
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Extrait de l’allégorie du bon gouvernement, par Ambrogio Lorenzetti – Sienne, 1338

 
L’alimentation détient une extraordinaire capacité à transformer non seulement les paysages, mais aussi les structures politiques, les espaces publics, les relations sociales, les villes. Telle est, en substance, la thèse défendue par l’architecte britannique Carolyn Steel, anciennement enseignante-chercheuse à la London School of Economics et à l’université de Cambridge, qui était de passage sur Paris cette semaine à l’occasion de la traduction en français de son ouvrage Hungry City (Ville Affamée, Comment l’alimentation façonne nos vies, Ed. Rue de l’Echiquier, Collection Initiales DD, 447 pages). Décryptage.
 


« Nous dépendons autant de la nature que nos ancêtres »


 
S’interroger sur la civilisation par le biais de la nourriture. Si cela semble évident au premier abord, force est de constater qu’aucune discipline ne s’attèle véritablement à cette question fondamentale. Et là demeure l’originalité de cet ouvrage qui offre à l’urbanisme, à l’économie, l’ingénierie, la sociologie, la politique et l’histoire un langage commun pour parler de la ville. « La nourriture rallie de manière complexe et désordonnée les problèmes d’urbanisation, de capitalisme, de géopolitique, de pic pétrolier, de faim, de réchauffement climatique.. », rappelle ainsi l’architecte.
 
Pas moins de sept années de recherches intenses ont été nécessaires pour l’écrire. Pour cause : Carolyn Steel allie à la rigueur de ses recherches l’intensité d’un récit qui aborde, tour à tour, nos modes de cultures et de transport des denrées alimentaires avant de s’intéresser à la façon dont nous achetons nos aliments, dont nous les cuisinons, les mangeons et nous débarrassons des déchets et des restes. « J’ai commencé à écrire en 2000 : en tant qu’architecte, j’étudiais les villes et leur design mais restais insatisfaite de la façon dont l’architecture était enseignée, sans prendre en compte les usages. Et comme l’histoire de l’alimentation m’a toujours passionnée, j’ai trouvé là une formidable grille de compréhension de nos civilisations » explique l’auteure, pleine d’entrain.
 
Pour elle, l’un des premiers problèmes des villes est de produire assez de nourriture. Puis de la transporter, et ensuite de la stocker… autant de problématiques qui sont réglées par les quelques firmes qui dirigent l’agri-business dans les pays développés, mais restent difficiles dans les villes en développement.
 
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