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Les stades de foot bientôt tous éclairés à l’huile de friture ?

Saint-Etienne s’est lancée dans le projet d’approvisionner le groupe électrogène du stade Geoffroy-Guichard en biodiésel. Ce biocarburant serait élaboré à partir d’huiles de friture usagées habituellement envoyées à l’étranger pour être retraitées. D’abord fourni par la restauration collective, cette huile serait ensuite recueillie auprès des particuliers et des restaurants de la ville. Un processus doublement écologique puisqu’il réduirait à la fois l’empreinte carbone du stade les soirs de match, ainsi que celle des allées et venues des huiles destinées à être traitées. Rien de tel que le recyclage local! Surtout quand on sait qu’une rencontre de Ligue 1 produit en moyenne 820 tonnes de gaz carbonique. Espérons donc que les premiers essais, prévus à l’occasion de l’Euro, marquent le début d’une aire écologique dans le monde du spectacle footballistique.


 
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Projet de rénovation du stade Geoffroy-Guichard © Léon Grosse SA : Atelier d’architecture Chaix et Morel Associés.

 

D’autres grandes institutions, comme KLM, la compagnie aérienne néerlandaise, s’intéressent à de tels procédés. Cette dernière assure depuis mars 2013 des liaisons commerciales entre la capitale française et la capitale néerlandaise en utilisant un biocarburant composé de 50 % de kérosène traditionnel et 50 % de biocarburant obtenu à partir d’huile de friture usagée. Sans oublier que la compagnie a assuré en juin 2012 le plus long vol jamais réalisé en utilisant du biocarburant sur un trajet Amsterdam, Rio de Janeiro. Cependant, il est impossible pour l’instant de voler exclusivement à l’aide de biodiésel sous peine de devoir adapter tous les moteurs ou les infrastructures.
 

C’est à Nice enfin, que cette technique s’est le plus démocratisée. Depuis 2010, de nombreux bus municipaux parcourent la ville et le département affublés du slogan « Je roule avec Eco + et l’air est plus clair ». En collaboration avec le ministère des transports, la ville assure avoir diminué de 25 % les émission de gaz carbonique et de 75 % les fumées par bus en utilisant des huiles usagées.
 

© Ph.F

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Un biocarburant pas comme les autres donc, puisqu’il diminue, de façon indirecte, l’empreinte écologique.
Fabio Nicolino auteur de « La faim, la bagnole, le blé et nous. Une dénonciation des biocarburants » avait confié au journal le Monde en 2007:
« Le fait de défricher une forêt tropicale pour planter des biocarburants provoque l’émission de tout le carbone qui est contenu dans les arbres et en partie dans le sol. A cause de cela, l’Indonésie est devenue le troisième émetteur mondial de gaz à effet de serre cet été, après la Chine et les Etats-Unis. Il s’agit en fait, à l’échelle mondiale, de millions d’hectares de forêt tropicale qui sont détruits pour faire la place à des cultures industrielles de palmiers à huile, de soja ou de canne à sucre. »
 

Et si l’huile de friture usagée pouvait supplanter les bio-carburants classiques, dont la polémique ne cesse de croitre?
 
 
 

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