Débats

Etats Unis: « L’ethnoburb » en faveur des démocrates

Article paru sur Le Huffington Post sous le titre original: « L’urbanité et l’altérité remises en cause par les élections présidentielles de 2016 aux Etats-Unis« , par Cynthia Ghorra-Gobin, directeur de recherche au CNRS et Magali Reghezza, enseignant-chercheur en géographie des risques et de l’environnement à l’École normale supérieure
 
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Source: www.citoyens-et-francais.fr

 
En tant qu’américaniste, la veille scientifique que je mène sur les médias me conduit tous les quatre ans à privilégier les élections présidentielles. Il me faut en effet être en mesure de répondre aux interrogations des étudiants ainsi que des collègues, sans oublier bien entendu les amis. En tant que géographe sensible aux questions urbaines, raciales et ethniques, je choisis de ne pas me limiter aux thèmes traditionnels de politique intérieure, de relations internationales, du positionnement des candidats au sein des partis ou du programme respectif de chacun d’entre eux. Je pose en fait la question de la représentativité du candidat à partir du prisme de son ancrage dans la ville ou en banlieue. Un candidat urbain ferait preuve d’une plus grande altérité qu’un candidat suburbain. Ce qui d’après cette hypothèse aurait une incidence sur la manière de concevoir la société dans sa diversité, de faire preuve d’une plus grande ouverture à l’altérité et de comprendre le monde. La campagne de l’année 2016 marquée par la présence de deux candidats aux profils bien originaux avec une femme Hilary Clinton (pour le parti démocrate) et un outsider Donald Trump (pour le parti républicain) présente l’inconvénient de remettre en cause cette hypothèse.
 
 

Les deux marqueurs des élections précédentes: la race et l’urbanité


 
La campagne de 2008 et celle de 2002 (dans une moindre mesure) avaient été intéressantes parce qu’un candidat (Barack Obama) s’identifiant explicitement à la minorité noire s’y présentait. Ce n’était pas la première fois : le pasteur baptiste et militant des droits civiques, Jesse Jackson, avait participé aux campagnes présidentielles de 1984 et 1988 mais il manquait de charisme et avait des relations tendues avec la communauté juive. Deux décennies plus tard, le candidat Obama offrit aux participants et aux téléspectateurs des moments inoubliables alors qu’il faisait référence aux Pères fondateurs de la nation, à l’œuvre d’Abraham Lincoln ainsi qu’aux défis de la révolution numérique et de la pauvreté (universal health care). Si de nombreux experts ont expliqué sa réussite en insistant sur la maîtrise de l’outil Internet et des nombreux forums qui s’y sont déroulés (sans oublier bien entendu le principe du porte à porte), les acteurs intellectuels ont mis en évidence la clarté et la force de ses discours (comme celui sur la race en Amérique prononcé à Philadelphie le 18 mars 2008*) ainsi que son expérience de la diversité sociale et raciale en tant qu’habitant de Chicago et sénateur de ce même Etat.
 
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