Débats

Pas d’effet Guggenheim pour le MuCEM ?

Article paru sur Marsactu sous le titre original: Pourquoi le Mucem n’est pas (encore) le Guggenheim de Marseille, par Fabien Pecot (doctorant CERGAM, Aix-Marseille Gradutate School of Management IAE)
 

“On a notre Guggenheim et il est mieux.” Le 12 mai, le président de la chambre de commerce et d’industrie Jacques Pfister plastronnait à l’occasion de la publication d’une étude sur l’impact économique du musée. Qu’en est-il réellement, peut-on comparer le fleuron basque et le cube du J4 ? Doctorant au centre d’études et de recherche en gestion d’Aix-Marseille (Cergam) Fabien Pecot nous livre l’éclairage de deux articles scientifiques récents sur « l’effet Bilbao » ou « l’effet Guggenheim », le modèle du musée transformateur de ville dont le Mucem est inspiré. L’analyse du cas Bilbao par ces chercheurs en tourisme permet de mieux comprendre les limites du modèle de développement actuel et les opportunités que représente l’arrière-pays pour le Mucem.


 
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© CG Création et Andrea Ciambra, Flickr

 
Une étude de la CCI, du Mucem et du conseil départemental a récemment salué l’impact positif du musée sur le tourisme et l’image de Marseille. “Avant 2013, nous faisions souvent référence à « l’effet Guggenheim » pour évoquer l’importance de la culture en matière de développement économique des territoires, aujourd’hui on parle de « l’effet Mucem »”, considère Jacques Pfister. Il est toujours délicat de se lancer dans des comparaisons, mais puisqu’elle est ici tant recherchée, nous pouvons apporter quelques éléments pour étayer ou nuancer l’enthousiasme du président de la chambre de commerce et d’industrie. D’autant plus que le Mucem fait autant parler de lui pour ses qualités architecturales, que sa quête d’identité, sa gestion sociale et même sa gestion tout court.
 
Mais avant d’aller plus loin, un point définition : qu’est-ce que l’effet Guggenheim, ou effet Bilbao dont on se gargarise ? C’est un terme qui s’est imposé dans le jargon des urbanistes et professionnels du marketing territorial pour désigner le miracle économico-culturel qu’a suivi l’installation du musée Guggenheim à Bilbao en 1997. Construit dans une ancienne zone industrielle, le musée représente un investissement d’environ 100 millions d’euros et une franchise de 20 millions payée à la fondation Guggenheim, essentiellement de l’argent public. L’ensemble des coûts a été remboursé au bout de dix ans. La fréquentation espérée était de 400 000 visiteurs annuels, elle est stable à environ 1 million depuis la première année.
 
Tout cela concerne essentiellement le musée, qu’en est-il des retombées pour la ville ? Il n’est pas rare qu’un musée ne soit qu’une belle vitrine, un mirage qui cache la misère d’une mauvaise gestion municipale – voir l’exemple de Valence, et peut-être rapidement une contribution de Nicolas Maisetti (docteur en sciences politiques de l’université Paris I, ndlr) sur ce point qui lui est cher. Dans le cas de Bilbao, le tourisme continue de battre des records près de 20 ans plus tard, mais c’est au-delà du tourisme que l’on trouve les éléments les plus parlants du retour économico-social sur investissement public.
 
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