Brèves

Expo : « Passages » ou le dépassement de frontières urbaines

Article paru sur Libération sous le titre original: L’institut pour la ville en mouvement, lieu de « Passages », par Sibylle Vincendon
 
«Passages», espace Passage du désir (BETC), 85-87 rue du faubourg Saint-Martin, 75010. Jusqu’au 5 juin. Un programme de balades, de cinéma et de débats accompagne l’exposition.
 
 

Organisée par l’Institut pour la ville en mouvement, l’expo «Passages» montre l’importance urbaine des lieux et des dispositifs permettant d’aller d’un endroit à un autre. Mais aussi l’urgence de s’en préoccuper.


 

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Un tunnel souterrain, en Allemagne. Quand des escaliers sont trop difficiles à franchir, ou trop inquiétants, une personne âgée peut renoncer à sortir. L’un des lieux exposés par « Passage », à l’Institut de la ville en mouvement. Pixabay, Manfred Antranias Zimmer
Source: L’Express

 
Vous êtes-vous déjà trouvé dans un de ces tunnels glauques qui permettent d’aller d’un côté à l’autre d’une voie ferrée ? Avez-vous déjà tenté de traverser une voie express ? Vous arrive-t-il de voir au loin l’immeuble que vous visez et de ne pas savoir par où passer pour l’atteindre ? Si oui, vous avez expérimenté l’importance des passages. Hélas, «qui dit passage dit aussi obstacle», déplore Mireille Apel-Muller, directrice de l’Institut pour la ville en mouvement (IVM). Or, dans une époque marquée par la mobilité dans toutes ses formes, les passages sont les articulations de la ville, comme autant de rotules. Quand elles se grippent, on n’avance plus et, dans nos villes, elles sont souvent bloquées. L’exposition «Passages», que l’IVM a montée à l’espace BETC à Paris, montre la multitude des voies un peu partout dans le monde. Mais aussi, bien souvent, leur absence.
 
«C’est une exposition du point de vue du passant», résume Mireille Apel-Muller. Et le passant, surtout s’il est fragile, enfant, encombré ou âgé n’est pas toujours à la fête quand il s’agit de passer d’un endroit à un autre. L’exposition démarre ainsi avec une série de photos accablantes, d’autant plus qu’elles rappellent à chacun une situation vécue un jour ou l’autre. L’ennemi du passage, «ce sont les 4D : détour, dénivelé, délai, détresse». Contourner un hôpital en marchant le long du mur, monter et descendre des escaliers lugubres, attendre pendant d’interminables moments que le feu passe au rouge, se demander avec angoisse où peut bien se trouver le passage.
 
Les villes sont marquées par un héritage, celui de ces voies «pensées pour l’interurbain» mais pas du tout pour flâner dans les rues. «La ville d’hier, explique Mireille Apel-Muller, était fondée sur l’imaginaire de la mécanique et de la vitesse. Elle a rapproché le lointain et éloigné le proche.»
 
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