Portfolios

Jérémie Dru, le photographe de l’intériorité des paysages urbains

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Jérémie Dru est le photographe de l’imperceptible. Ses clichés révèlent la dimension immatérielle d’une ville vécue et parcourue. La marge, la frontière, la barrière et le mur se muent en espaces praticables menant vers un ailleurs onirique et changeant l’inaccessible en possible ; celui d’emprunter un nouveau tracé, interdit jusqu’alors. Ces photographies poussent au rêve et invitent à dépasser les frontières que la ville nous impose. Le rapport au ciel, inhabituel, met en perspective la question de la contrainte de la ville et de la liberté de choisir son itinéraire.
 
A travers l’objectif de Jérémie Dru, les murs se percent, les espaces se doublent, la ville se mue en vortex temporel. L’urbain s’extrait de sa réalité physique pour caresser une représentation de sa perception. Il garde en mémoire l’empreinte de ses passagers.
 
« Je pratique la photographie avec l’intuition qu’il existe une réalité insaisissable, intrinsèque à nos villes, explique le photographe. J’explore la ville à la recherche de ses visages imperceptibles par nos yeux. La surimpression ( surimpression sur négatif, à la prise de vue, sans manipulation en laboratoire ou numérique) a cette capacité de nous extraire de notre perception du temps (et par conséquence, de l’espace), que nous considérons comme linéaire et immuable, tandis qu’il peut se contracter, se dilater et même se tordre sur lui-même. La lumière, l’espace et le temps semblent délier, et donnent lieu à des entrelacements de regards. L’appareil photo me transforme en voyageur incertain dans la ville, et me fait pénétrer dans une dimension invisible, témoin de superposition d’états de la ville.
 
Les lieux visités ne se révèlent plus au fur et à mesure de la déambulation, ils se confondent sur une même image, de la même manière qu’ils s’impriment dans notre subconscient. Les murs prennent la même matière que la lumière. Ils s‘effacent et laissent apparaitre un lieu étranger. Des indices apparaissent comme des réminescences, rappellant où était le voyageur. La photographie manifeste alors la manière qu’ont des lieux géographiquement isolés d’être reliés par les pas du voyageur. L’architecture même des lieux tend à se métamorphoser. La captation par surimpressions symétriques tend à révéler des paradoxes liés à la géométrie des endroits visités. Ceux-ci jalonnent le parcours de l’explorateur dans ce monde qui n’a plus de sens. La gravité semble même disparaitre. L’architecture des lieux tend à tromper le voyageur, et la ville devient un labyrinthe. Au cœur de ce labyrinthe, le photographe découvre ce qu’il appelle le Temple de l’infini. Un lieu où l’architecture semble prendre conscience, et manipule l’individu. Le sol, les murs et le plafond, deviennent relatifs. Ce sont des surfaces praticables, sur lesquelles on peut se promener. Par les proportions, la géométrie et le style qui s’en dégage, l’architecture du temple rappelle l’édification antique, à cette époque à laquelle construire, c’était soutenir l’ordre cosmique. L’architecture matérialise le cosmos, dont elle se veut la réduction. Ce lieu semble irréel et pourtant il existe bel et bien sur le négatif.
 
La photographie permet de construire des mondes à la frontière entre la fiction et le réel. Elle permet de montrer la complexité du monde et du cosmos, inscrite dans la ville et dans l’architecture. »

 
Pour découvrir plus de photographies de Jérémie Dru : rendez-vous sur son site internet, Facebook, Twitter ou Tumblr
 
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