Débats

Le chant des villes #1: Le son comme balise, paru sur Demain la ville

On dit souvent que « l’oreille n’a pas de paupière », ce qui signifie que l’ouïe est un sens passif et immersif. A moins d’utiliser ses doigts pour se boucher les oreilles, aucun processus anatomique ne permet de se protéger de l’intrusion sonore. Les yeux, la bouche, le nez, en revanche, peuvent être obstrués sans difficulté. En cela, un son perçu comme négatif a tendance à rendre fou. Les crises de colère déclenchées par le tapage nocturne en sont un parfait exemple.


 
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Source: laerm.ch

 
Une distinction reste à établir entre « son » et « bruit ». Le Larousse qualifie le son de « sensation auditive engendrée par une onde acoustique » tandis que le bruit serait « un ensemble de sons produits par des vibrations plus ou moins irrégulières », « sans harmonie par opposition à la musique ». Si la définition paraît objective, la perception, elle, reste subjective. Un résident réveillé tous les dimanches matins par le carillon d’une église peut aussi bien être excédé que charmé par le « joyeux tapage ». Le ressenti, permettant de catégoriser la mélodie dans la case « bruit » ou « son », dépend de l’humeur et de la personne. Le son, comme l’odeur, est ainsi très difficile à mesurer (au-delà de son intensité).
 
Le son des villes a connu des variations d’appréciation au cours du temps. D’abord associé à une ville vivante, au brouhaha provoqué par l’activité commerciale, l’entropie urbaine et l’échange, il est aujourd’hui associé au bruit, au cadre de vie de mauvaise qualité, à la fatigue et au stress. Au son des maillets sur les enclumes, des sabots sur les pavés et des crieurs sur les marchés se sont substitués le bruit des klaxons et des pots d’échappement pétaradants ainsi que celui des noctambules ivres et autres fumeurs de clopes.
 
Le bruit est aujourd’hui perçu comme subi.
 
Cependant, certains militent pour une revalorisation du son comme marqueur de l’identité d’une ville. Entre composition artistique, cartographie sensible et conte urbain, l’écho des villes regagne progressivement ses titres de noblesse.
 

La mélodie des marchands ambulants de Delhi


 

 
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