Portraits

Mario Botta joue avec l’équilibre des formes

Article publié sur Bilan sous le titre original: Architecture et mémoire, selon Mario Botta, par Patricia Lunghi

 
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© Beat Pfändler

 

Sollicité dans le monde entier, le grand architecte suisse est plus actif que jamais.
 
Déjà concepteur du Musée Tinguely à Bâle, du Centre Dürrenmatt à Neuchâtel, du Musée d’art moderne à San Francisco, du siège de Campari à Milan et de la cathédrale d’Evry entre autres, Mario Botta a de multiples projets en cours en Chine et en Suisse. A contre-courant dans un monde frénétique, il confie son désir de léguer une mémoire à la postérité. Rencontre.


 

A plus de 70 ans, Mario Botta, ne ressentez-vous pas le besoin de ralentir ?


 
Non, au contraire, j’ai commencé à l’âge de 15 ans, je travaille depuis cinquante-cinq ans et j’aimerais travailler jusqu’à 100 ou 120 ans. Les architectes vivent longtemps, car ils ne le savent pas, mais ils veulent être éternels. Moi j’ai toujours travaillé avec fureur, ma grande passion c’est le travail. Quand je suis malade, j’arrive à mon bureau et tout passe! Résoudre un problème, trouver une idée, c’est pour moi le nirvana. J’ai fait la plupart de mes projets au lit. J’adore dormir, je dors dix heures par jour, car c’est là que je trouve l’inspiration.
 

Vous avez une signature très reconnaissable, avec des formes et des matières récurrentes. Quelles sont vos obsessions ?


 
Comme les scientifiques ont des champs d’investigation spécifiques, j’aime cultiver des langages avec lesquels j’ai des affinités particulières. Je n’appelle pas cela des obsessions, mais des langages. On parle de langage musical ou pictural pour Paul Klee ou pour Picasso, qu’il trace un dessin érotique ou « Les demoiselles d’Avignon », c’est le même trait, mais qui raconte autre chose.
 
On n’y échappe pas, ce langage est dans le crayon plus que dans la tête, comme un instrument au service d’une histoire. Parfois j’essaie de faire autrement, mais je ne retrouve la paix que lorsque je reviens à ma signature. Il ne faut pas donner trop d’importance aux signes, car avec le même signe on peut faire du bien et du mal. Le signe, le langage en lui-même n’est pas une valeur, c’est un instrument.
 
Concrètement, je travaille plus volontiers avec des matériaux naturels, le verre, la brique, la pierre ont pour moi une présence et une expression beaucoup plus fortes que l’aluminium ou les éléments industriels préfabriqués.
 
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Musée d’art moderne de San Fransisco (1992-1995) © Pino Musi

 
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