Récits

Aujourd’hui, la vie à Viltcha, le village construit pour les victimes de Tchernobyl

Article paru sur Libération sous le titre original: Viltcha, village des exilés de l’atome, par Laurent Geslin et Sébastien Gobert
 
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A Viltcha, Nune Margaryan tient la seule discothèque du canton. Photo Niels Ackermann. Lundi 13

 
Cette localité proche de Kharkiv, dans l’est de l’Ukraine, a été créée pour héberger les réfugiés de Tchernobyl. Mais toutes les promesses de l’époque ont volé en éclats.
 
Au sortir de la forêt, les pavillons de briques s’alignent le long d’une route mal pavée. Malgré une ambiance typique de la campagne ukrainienne, on devine vite que Viltcha n’est pas un village comme les autres : tout a été construit d’un coup. Sur l’artère centrale d’un plan de ville octogonal, on arrive en droite ligne vers le bâtiment décrépit de l’administration locale. A l’entrée, un monument en forme de cloche, avec une date symbolique : 26 avril 1986, le jour fatidique de l’explosion du réacteur numéro 4 de la centrale de Tchernobyl.
 

Insouciante


 
«Viltcha, c’est un village unique. Il a été construit pour les victimes de Tchernobyl. Tout le monde vient de la zone. Ici ne vivent que des invalides, des gens qui ont été évacués, des liquidateurs, ceux qui ont été dépêchés à la centrale pour contenir la contamination, etc.», explique Tetyana Sementchouk, la responsable de l’association la Mémoire de Tchernobyl, très impliquée dans la vie du village. Il y a exactement trente ans, elle avait 22 ans, et était enceinte de sa première fille. Elle était une insouciante habitante de Pripiat, une des «villes de l’atome» soviétiques, construite en 1970 afin d’héberger le personnel de la centrale voisine.
 
Evacuée en quelques heures avec les 53 000 autres habitants de Pripiat, elle passe plusieurs années entre la Biélorussie et le village de Viltcha, à 45 kilomètres de la centrale. Jusqu’à ce que les autorités soviétiques rasent ce village, et relogent les habitants dans un «Nouveau Viltcha», situé à plus de 700 kilomètres à l’est. «Les plans de construction étaient très ambitieux», détaille Maïa Borissivna, une autre évacuée. «On nous avait promis une école suffisamment grande pour 300 élèves, une crèche bien aménagée, une clinique sur plusieurs étages…» Mais en 1991, l’Union soviétique s’effondre, à la stupeur générale. Et le jeune Etat ukrainien, indépendant, n’a pas les moyens de terminer le projet.
 
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