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Quand les maisons se mettent à voyager pour contrer la crise du logement

La notion de recyclage fait souvent appel au tri des déchets et à la réutilisation de matériaux, mais rarement au réemploi d’une structure entière, telle une maison. C’est pourtant l’objet d’un accord entre San Juan, au nord-ouest de l’État de Washington, en pénurie de logements, et le Canada, en pleine modernisation.


 

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Des maisons voguant entre le Canada et l’Etat de Washington – Photo: Nancy DeVaux – Source: Le New-York Times

 
L’archipel de San Juan subit une effroyable crise du logement, rapporte le New-York Times. Le prix médian du marché aurait atteint les 500 000 $ à la fin de l’année dernière, faisant de San Juan le comté le moins abordable de l’Etat pour les primo acheteurs. Une inflation qui va de paire avec la paupérisation de la population insulaire, la diminution de la pêche, et la hausse des taxes d’importation. Depuis 2009, la part de la population considérée comme « vivant dans la pauvreté » aurait augmenté de 17 %. En parallèle, l’industrie du tourisme trouve un nouvel intérêt pour ce chapelet d’îles uniquement accessibles par avion ou ferry. Un espace de villégiature idéal pour les habitants de Seattle qui sont prêts à mettre le prix pour accéder à une résidence secondaire sur cette terre préservée.
 
La solutions envisagée pour permettre le maintien de l’économie locale et de la population « native » est pour le moins insolite. En détachant les habitations « abandonnées » du sol canadien, en les hissant sur des barges et en les faisant traverser le détroit de Haro, les demeures délaissées par les uns, deviennent le foyer tant attendu des autres.
 
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Carte du New-York Times

 
La Communauté San Juan Home Trust, à l’origine d’un tel projet, a découvert que le voyage, les travaux de restoration, couplés à des dons de terrains par le gouvernement et les fondations, revenaient à un coût équivalent à une construction nouvelle.
Grace à cette solution pour un habitat économique, le prix à l’accession passerait de 500 000 $ à 180.000 $ en moyenne.
Le pays donneur y trouve son compte également puisque le coût de la démolition, régi par de nouvelles réglementation de réduction des matières dangereuses et de tri des matériaux, serait passé de 3 000 dollars canadiens dans les années 1990 à 40 000 $ aujourd’hui (environ 31.200 $ en dollars américains).
 

Une démarche symbiotique entre les deux pays donc, économique, écologique, permettant le maintien d’un patrimoine architectural et surtout, d’une population dans son milieu de vie !
 
Pour aller plus loin, lisez l’article du New-York Times: Old Houses From Canada Find a Home in Washington State
 
 
 

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