Récits

La place de l’enfant dans la ville

Article paru sur Métropolitiques sous le titre original: Plaidoyer pour des villes propices au développement des enfants, par Elsa Zotian
 

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Source: Ouest France

 

Issu d’une exposition éponyme à Dunkerque et d’une série de conférences données à sa suite, La Ville récréative aborde principalement la question de la place de l’enfant dans la ville au prisme de la philosophie politique et de la psychologie du développement. Au risque d’en oublier les inégalités entre enfants et entre territoires.


 
Du 20 juin au 24 décembre 2015, la Halle aux Sucres de Dunkerque accueillait une exposition intitulée La Ville récréative. En amont de l’exposition, un cycle de conférences a réuni géographes, anthropologues, philosophes, architectes, démographes et urbanistes. Ce cycle a fait l’objet d’une publication sous la forme d’un ouvrage collectif dirigé par le commissaire de l’exposition, Thierry Paquot, philosophe de l’urbain.
 
Ce livre s’adresse aux « élus, architectes, paysagistes, urbanistes, parents, […] designers, concepteurs lumière, écologues » (p. 149) et appréhende la question de la place de l’enfant dans la ville, promouvant l’idée d’une « ville récréative ».
 
Il s’organise en huit chapitres que l’on peut regrouper en deux ensembles : les quatre premiers proposent une réflexion globale sur la place des enfants dans la ville ; les quatre suivants, plus descriptifs, présentent des focus sur des projets, des recherches-actions ou certains éléments de l’exposition.
 
L’état des lieux sur lequel se fonde l’ouvrage est sans appel : aujourd’hui encore, la ville reste un espace peu favorable aux enfants, voire hostile, dangereux.
 
Cette problématique n’est pas récente, comme cela est rappelé à plusieurs reprises dans l’ouvrage. Dès l’après-guerre se développent dans les pays occidentaux des travaux sur la place des enfants dans les espaces urbains et s’initient à la question des réflexions associant scientifiques et décideurs publics. Ces dynamiques s’accompagnent de la mise en place de politiques d’équipement des villes en institutions et aires de jeux dédiées aux enfants.
 
Cette inertie des politiques quant à la prise en compte de la place des enfants dans les espaces urbains n’est pas, pour autant, au centre de La Ville récréative, dont le programme consiste plutôt à remettre sur le métier la question d’une ville adaptée aux enfants. Pour ce faire, l’ouvrage convoque deux principaux registres descriptifs et interprétatifs à partir desquels sont pensés les besoins de l’enfant : la philosophie politique d’un côté, la psychologie du développement et la pédagogie de l’autre.
 

Les « besoins » des enfants dans la ville


 
Le chapitre intitulé « Les enfants ont des droits » revient sur l’existence de deux catégories de droits énoncés dans la déclaration internationale des droits de l’enfant, laquelle constitue depuis 1989 le cadre général de l’action publique à destination des enfants : des droits « à » et des droits « de », c’est-à-dire des « droits protection » et des « droits liberté ». Dans cette perspective, le rôle des éducateurs est tout autant, pour Bernard Defrance, de créer les conditions d’un environnement sécurisant pour les enfants que de leur permettre d’exercer progressivement leurs droits à la liberté d’expression et de jugement. La gageure consiste ici pour les adultes à « reconnaître les capacités instituantes des enfants » (p. 21). Ainsi, à l’école, « on exige des enfants et des adolescents qu’ils se comportent […] déjà selon les normes adultes […] mais, dans le même temps, on leur dénie tout exercice réel de responsabilités »
 
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