Brèves

Une approche de la ville, sensible, pour améliorer la qualité urbaine ?

Article paru sur Métropolitiques sous le titre original: La ville sensible au cœur de la qualité urbaine, par Émeline Bailly & Dorothée Marchand

 
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The Bean », Cloud Gate, Millennium Park, Chicago
Source: cityofchicago.org

 

La vision dominante, fonctionnaliste et de plus en plus techniciste dans les projets d’aménagement limite les possibilités de considération de la ville vécue, représentée, ressentie. Dans cet article, Émeline Bailly et Dorothée Marchand défendent l’idée que l’individu ne peut être réduit au simple rôle d’usager rationnel de la ville et appellent à une nouvelle approche de la ville, plus sensible.


 
L’individu doit être considéré comme un être qui éprouve, qui perçoit, qui expérimente et qui évalue l’espace à partir de son corps, de son ressenti, de ses sens, de ses affects. Les expériences subjectives sont un processus dynamique par lequel l’individu ajoute sa propre connaissance empirique à l’identité et la mémoire collective des lieux pour leur donner sens et créer son propre paysage urbain. Ainsi, un nouveau paradigme urbain qui reposerait sur la place qu’il conviendrait de donner à la subjectivité et aux expériences individuelles dans la conception urbaine offrirait une rupture anthropologique et philosophique au même titre que l’a été la naissance de la ville. Le mythe d’Abel et Caïn, fondateur du fait urbain, oppose Abel, berger (l’homme spirituel [1] ayant la faveur de Dieu) et son frère Caïn, cultivateur (l’homme matériel), meurtrier de son cadet. Condamné à l’errance, Caïn défit la prescription divine : il se sédentarise et crée la première cité, Hénoch. Cette cité symbolise la naissance de la civilisation, des arts et des techniques. Revenir sur cette base civilisationnelle – cette scission originelle qui oppose la nature à la culture, l’errant au citadin, le nomade au sédentaire, l’enraciné au déraciné – suppose de penser la ville comme un processus complexe et continue. Elle implique de concilier les orientations spatiales et temporelles, opposées jusqu’ici. Ce parangon d’une ville continue, en perpétuelle transition, et en cela durable, voire résiliente, remet l’être, l’individu et l’expérience au cœur du devenir urbain.
 


Donner une place à la ville sensible dans la pensée urbaine contemporaine


 
L’accélération du processus d’urbanisation à l’échelle mondiale invite à de nouvelles perspectives. Parmi les regards qui s’expriment dans le débat sur la ville durable, à défaut d’être nouveaux, des voies réhabilitent les qualités secondaires des catégories fondamentales du monde énoncées par Aristote et interroge la scission qui oppose la matière (qualité première) au sensible (qualité secondaire) qui a fondé en grande partie la pensée scientifique jusqu’à aujourd’hui…
 
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