Portraits

Gilles Clément, le jardinier du Jardin Planétaire

Article paru sur Reporterre sous le titre original: Gilles Clément : « Jardiner, c’est résister », par Lorène Lavocat

 
arton5725-a9ada

Source: Reporterre

 

Depuis plus de quarante ans, Gilles Clément pense le paysage. Il aime avoir les mains dans la terre et travailler avec le vivant. Dans la Creuse, où il vit, à Versailles, où il enseigne, et partout ailleurs, puisque la planète est un jardin. Il porte la vision d’un monde où l’homme vivrait avec la nature et non pas contre.


 

Reporterre – D’où vous vient cette « vocation » de jardinier ?


 
Gilles Clément – Quand j’étais adolescent, chez mes parents dans la Creuse, je mettais les mains dans la terre. Ça me plaisait, car on voit le résultat tout de suite. Bêcher, semer, récolter. Même si à l’époque, je jardinais en arrachant les « mauvaises herbes » et en utilisant des engrais.
 
Au lycée, une enseignante de sciences naturelles m’a parlé du métier de paysagiste. Ça m’a séduit, et je me suis formé. Plus tard, en exerçant le métier, je me suis rendu compte que j’utilisais plus le vivant que le non vivant. La nature plutôt que le béton. Je me suis démarqué de la dimension de l’architecte en allant vers le jardinier.
J’attachais de l’importance à la diversité, à la vie, et ça coïncidait avec les préoccupations de l’écologie. Un paysagiste peut faire du paysage avec du béton, le jardinier travaille avec le vivant. Certains paysagistes ne connaissent pas les plantes, ils sont plus des sculpteurs.
 
 

Et vous êtes rapidement devenu un défenseur de l’écologie, à une époque où vous étiez le seul, ou presque, à porter ces idées…


 
Les idées que j’ai proposées ne sont pas nouvelles. Je suis de la génération 68. A ce moment-là, on disait tout, notamment sur l’écologie. Mais il y a eu plus tard un contrecoup terrible, l’économie capitaliste et néolibérale a pris le dessus, avec Thatcher et Reagan. On a oublié les avancées de 68. Il y a eu une perte, un recul, mais moi, je n’ai pas perdu cette conscience, parce que j’avais un jardin. En 1977, je me suis installé dans la Creuse. J’ai gardé les mains dans la terre. Donc je continuais à faire des propositions, à parler de jardin et de plantes. J’étais un Ovni.
 
Cliquez ici pour lire la suite de l’article
 
 
 

Commenter l’article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Je déclare avoir pris connaissance et avoir approuvé la Charte de modération et j'accepte que ma réaction soit publiée sur le site Lumières de la Ville.