Récits

Le téléphone portable, un outil indispensable aux SDF

Article paru sur L’Obs avec Rue 89 sous le titre original: « Pour un SDF, le portable, c’est tout », par Aurélie Champagne
 
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Philippe et la mobilité à la rue – Aurélie Champagne/Olivier Volpi

 

« Les gens croient qu’on a pas de téléphone », observe Jeff, 31 ans, SDF depuis treize ans. Pourtant, le téléphone portable a révolutionné la vie des sans-abri.


 
« On s’imagine les SDF avec trois pièces en poche, assis à côté d’un litron de rouge mais c’est fini, ça. On a des comptes en banque et des téléphones », prévenait déjà Philippe il y a un an. A l’époque, le quinquagénaire dormait sous un remblai aux Halles. Après vingt ans de rue, il a fini par retrouver un logement. Il ironise : « A la rue, on est dans la mobilité. »
 
« Avant le portable, c’était “hard”. C’était carte de téléphone et cabine. Ça 
coûtait cher, on appelait peu. On se déplaçait à pied ou en transport pour avoir la moindre info. Tout prenait un temps fou. » Le fait de ne pouvoir être joignable par son entourage fragilisait les relations et multipliait les chances de rupture.
 
« Pour un SDF, le portable, c’est tout ! » s’exclame Philippe. « C’est comme un lien social, ça sert pas qu’à téléphoner. »
 
« Tu as la radio qui te permet de te tenir au courant de ce qui se passe autour 
de toi et dans le monde. Ça te permet d’avoir un lien avec ta famille : ils savent où te joindre. Tu as un numéro qui t’appartient : tu as envie de leur répondre, tu leur réponds. Tu n’as pas envie : il y a un répondeur. Ça te permet de donner ton numéro à toutes les associations que tu côtoies. 
Que ce soient Les Restos du cœur, Pôle emploi. On peut te joindre si jamais il y a un petit boulot qui se dégage. Pour les suivis médicaux aussi. »
 
 

Un portable pour appeler sa famille ou le 115


 
Le portable assure un lien affectif avec la famille, les amis, mais aussi avec le milieu professionnel, les organismes sociaux et l’administration. Il permet aussi de contacter le 115 et de gérer l’urgence.
 
Depuis quelques mois, un groupe de Tibétaines en demande d’asile trouve refuge à La Halte Femmes, accueil de jours parisien pour femmes à la rue : « Heureusement qu’elles ont un téléphone », dit Solange, animatrice. « C’est déjà assez dur comme ça. Comment elles feraient si elles n’avaient plus aucun lien avec leur famille ? »
 
A La Halte, « la plupart des femmes nous donnent leur numéro de téléphone », poursuit le responsable, Rodrigue Cabarrus. « Dans certaines situations, il faut que nous puissions les joindre rapidement : 
si nous recevons un courrier important – une histoire de justice ou d’enfants placés… »
 
 

Le forfait Free ? « Pas fait pour les SDF »


 
En mars dernier, le gouvernement a créé le label « tarif social mobile ». Rapidement surnommé « forfait RSA », il impose aux opérateurs de commercialiser un forfait à 10 euros pour 40 minutes d’appel et 40 SMS, destiné aux allocataires du RSA.
 
Free vient bousculer la donne avec son « forfait social » à 2 euros pour une heure de communication et 60 SMS…
 
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