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Une ville de Caroline du Nord passe une petite annonce pour déménager, en réaction à une loi homophobe

Depuis quelques mois, le continent américain se soulève. En cause: deux lois discriminatoires envers les personnes LGBT adoptées dans les Etats de Caroline du Nord et du Mississippi.


 
Sipa
Sipa – Source: Marianne.net

 
Au Mississippi, en réaction à la légalisation du mariage homosexuel en juin dernier aux Etats Unis, une loi adoptée le 5 avril permet désormais à des responsables ou des sociétés de refuser des services à des couples gays au nom de leurs convictions religieuses. Ainsi, un restaurant se verra dans son droit de refuser de louer sa salle pour la célébration d’un mariage, de fiançailles ou d’anniversaire de noces à un couple de même sexe. Une loi discriminatoire, souvent assimilée aux lois de ségrégation raciale ayant sévit contre les Noirs dans le pays et qui repose sur le premier amendement de la Constitution des Etats Unis selon le gouverneur républicain Phil Bryant ayant déclaré sur Twitter: « Cette loi renforce simplement les droits qui existent déjà d’exercer sa liberté religieuse, comme cela est stipulé dans le premier amendement de la Constitution », selon le journal Marianne.
 
Dans l’Etat de la Caroline du Nord, une loi à l’encontre des personnes transgenres a été adoptée le 23 mars. Cette dernière stipule que toute personne doit utiliser les toilettes correspondant à son sexe de naissance, dans les bâtiment publics et les écoles.
 

Les réactions à ces amendements son virulentes. Bruce Springsteen a annulé un concert en Caroline du Nord, dénonçant la loi anti-transgenre, le groupe de paiement sur internet Pay Pal renonce à s’installer dans la ville de Charlotte, lui retirant ainsi la promesse de 3,6 millions de dollars et 400 emplois. De nombreuses autres entreprises ont exhorté le gouverneur du Mississippi à abroger sa loi dans un texte publié par l’association Human Rights Campaign et signé des groupes General Electric, Coca-Cola, Pepsi, Levi Strauss & Co ou encore Hewlet Packard.
 
La ville de Charlotte, quant à elle honteuse de telles lois régissant son Etat, désire déménager. Le journal Têtu révèle qu’une petite annonce aurait été passée sur un site immobilier afin de trouver un nouveau terrain pour accueillir ses 800 000 habitants.
 
« Je m’appelle Charlotte et je cherche un nouvel État où résider
[…]
Mes exigences incluent la tolérance fondamentale envers les autres humains, qu’importe leur ethnie, leur genre ou leur orientation sexuelle. En reconnaissant les mêmes droits à tous les individus, je n’espère pas seulement encourager un environnement d’amour et d’acceptation mais également maintenir les grands événements et ne pas dissuader les grandes entreprises nationales de faire du business ici.
 »
 
Un texte ironique, léger, mais lourd de sens et qui affiche clairement la position du poumon économique de l’Etat. Une petite annonce qui se clôture en ces termes: « Merci de me tenir informée dès que possible si vous êtes un État ayant une dignité humaine ordinaire et que vous êtes prêts à m’accueillir. Réponses sérieuses uniquement », et qui nous rappelle que nous aussi en France, nous pourrions exprimer avec plus de conviction et d’inventivité notre opposition à la décision des prud’Hommes de ne pas considérer « sale PD » comme une insulte homophobe.
 
 
 

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