Récits

La ville intelligente, selon Thierry Paquot

Thierry Paquot est philosophe, urbaniste et professeur des universités à l’Institut d’urbanisme de Paris et à l’université de Paris XII-Val-de-Marne. Il est l’auteur d’une cinquantaine d’ouvrages. Parmi ses récentes publications figurent La Ville récréative. Enfants joueurs et écoles buissonnières (Infolio, 2015) et Désastres urbains, les villes meurent aussi (Éditions La Découverte).
 
Découvrez son interview sur les villes intelligentes proposé au journal Le Monde sous le titre original: Condition humaine, condition urbaine… et mené par L’Atelier BNP Paribas


 
arton14499-96421
Source: terraeco.net

 

Vous avez beaucoup écrit sur les villes et les utopies, et tout récemment sur les « désastres urbains ». La « ville intelligente » de demain sera-t-elle plus humaine ?


 
Thierry Paquot : Le gouvernement de la ville, ou d’un territoire urbanisé, favorise-t-il le déploiement des intelligences individuelles afin d’exalter l’intelligence collective ? La question est intrinsèquement politique. On le sait, certains régimes totalitaires préfèrent le contrôle et la hiérarchie à une démocratie ouverte, active et décentralisée. La figure de Big Brother, si bien dessinée par Georg Orwell dans 1984, montre que toute technologie possède, au moins, deux faces. L’une, qui assure plus d’autonomie à chacun. L’autre, qui enferme le citoyen dans un système d’interdits et de contrôle permanent. La smart city, bardée de dispositifs numériques, assurant la circulation des données, peut certes améliorer la vie quotidienne des citadins : information en temps réel concernant les transports, les horaires, les services publics, consultations médicales à distance… Mais elle peut aussi surveiller, géolocaliser et, de fait, déresponsabiliser. En effet, tout individu « pucé » perd ainsi sa singularité pour devenir, à terme, un « dividu », personnage si bien analysé par Günther Anders dans son maître ouvrage, L’obsolescence de l’homme (1956). Les promoteurs de la smart city sont avant tout obnubilés par la marchandisation de toutes les activités humaines et de l’humain lui-même, au nom, bien sûr, d’une meilleure « qualité de vie » pour tous. Leur technophilie abusive ne masque pas le paradoxe de l’information mis à jour par Dominique Wolton, qui constate que plus les internautes s’expriment, moins ils communiquent entre eux.
 

Les enfants feront la ville de demain… C’est le message d’une récente exposition à Dunkerque et de votre ouvrage La Ville récréative. Que voulez-vous dire par là ?


 
T.P. : Les enfants sont les oubliés des « décideurs »
 
Cliquez ici pour lire la suite de l’article
 
 
 

Commenter l’article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Je déclare avoir pris connaissance et avoir approuvé la Charte de modération et j'accepte que ma réaction soit publiée sur le site Lumières de la Ville.