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Un Western dans le « trou » des Halles

« Touche pas à la femme blanche« , le film mythique du réalisateur italien Marco Ferreri (peut être le plus connu après l’orgie gastronomique de La grande bouffe) a bien sa place aujourd’hui dans notre ligne éditoriale.
 
Tourné en 1974, il présente à l’écran le couple Deneuve – Mastroianni dans une parodie de Western « made in Paris ».
La bataille de Little Big Horn, opposant les amérindiens aux colons américains (1876) sur le territoire du Montana est transposée dans le trou des Halles, après destruction des Halles Baltard . Les abruptes parois marno-calcaires du sous-sol parisien confèrent au décors l’impression d’une greffe temporelle et spatiale participant à la superposition des discours. Abordant aussi bien le génocide des indiens d’Amérique que l’évacuation des classes populaires du centre parisien, cette satire cinématographique campe Mastroianni dans un rôle de perdant et Deneuve dans la peau ambivalente de la femme blanche, tantôt catin, tantôt femme pure.
 
En imprimant ce chantier de modernisation de la capitale sur la pellicule, Ferreri devient le témoin d’une époque révolue et d’un quartier disparu.
 
On ne vous en dit pas plus, et si vous ne l’avez pas encore vu, dépêchez vous !
 

Source: pierre-papier-ciseaux.blogspot.com

 
Source: lavisqteam.fr

 
Source: traversees-urbaines.fr

 
Source: kebekmac.blogspot.cl

 
Source: forumdesimages.fr

 
Source: oursdesicile.blogspot.com

 
Source: playtime-grehrau.blogspot.com

 
Vidéo: Archive INA

 
 
 

Vos commentaires

  • Nicolas Tixier a dit :

    Vous pouvez retrouver l’intervention d’Isabelle Krzywkowski « Le sauvage en ville – à partir de Touche pas à la femme blanche ! de Marco Ferreri (1974) » dans l’ouvrage Traversées Urbaines (MetisPress) sur ce film ainsi que le film de son intervention sur le site http://www.traversees-urbaines.fr.

    Sa belle conclusion : « Ainsi, de même que les stéréotypes racistes résonnent comme intemporels, la conquête de l’Ouest peut être assimilée à la rénovation urbaine, car elles ont en commun la relégation, voire l’extermination de populations dans le but d’en installer d’autres à leur place. Dès lors, intemporelle est aussi la lutte contre toutes ces formes de colonisation : comme l’expliquent Taureau assis (Alain Cuny) et le sorcier, « il y aura d’autres batailles à gagner comme celles-ci. D’autres Custer ». Et la fin du film d’opérer un ultime retournement : car la victoire indienne de Little Big Horn a pour conséquence
    inattendue dans la fiction que « ce sont les Indiens qui rentrent dans la ville. Ce n’est pas du tout ce qui était prévu ! ». C’est la dernière réplique du film, par laquelle le « sauvage » révolutionnaire se réapproprie les lieux – ce qui pourrait bien être, selon les étudiants qui ont travaillé cette notion, le véritable enjeu de la « sauvagerie » en ville. »

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