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L’outilthèque : Et si on jardinait en ville ?

Article original publié sur TerraEco.net

 
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Les jardiniers font leur retour en ville. Pour éviter des achats inutiles, des associations inventent des centres de prêts d’outils.

 

Imaginez une petite bibliothèque de quartier. Sur les rayons, remplacez les romans par des binettes. Entre les étagères, faites déambuler des jardiniers. Dans un coin de la pièce, ajoutez un diable et une brouette et vous obtenez… une « outilthèque ». Le 1er juillet, les associations parisiennes Vergers urbains et Toits vivants, qui œuvrent toutes deux à la végétalisation du quartier de la Chapelle (XVIIIe arrondissement), ont ouvert leur remise aux particuliers. Après les bricothèques à vocation sociale qui essaiment de Bordeaux à Lyon à l’initiative des Compagnons bâtisseurs, les stocks d’outillage partagés s’adressent désormais aux jardiniers.

 

« On en a vraiment besoin, mais pas souvent »

 
« Il s’agit de faire tomber toutes les barrières qui peuvent décourager de se lancer dans le jardinage », explique Juliette Nouvel, membre de l’association Toits vivants, qui se consacre à la végétalisation des toitures urbaines. « Tout le monde n’a pas forcément la place pour un râteau à feuille dans son appartement, ni les moyens ou l’envie de s’offrir un broyeur à végétaux qui servira deux fois par an », précise-t-elle. Après s’être acquitté d’une cotisation annuelle de 30 euros par an, soit le prix d’un sécateur, un habitant du quartier pourra emprunter bêches, pioches et scies circulaires, pour trois jours ou une semaine. « On souhaite aussi faire de l’outilthèque un lieu convivial où on échange des conseils et autour du jardin. »
 
Dans un souci de pédagogie, le catalogue décrit la fonction de chaque outil.
Après avoir fait leur choix sur Internet, en quelques clic, les mains vertes du 18e arrondissement de Paris réservent les outils dont elles ont besoin. Lucie Berzko est l’une des premières abonnées. Une semaine après l’ouverture du centre de prêt de la Chapelle, elle passait au local du 14 rue Pageol afin de récupérer la perceuse et l’agrafeuse nécessaires pour rafistoler la toiture de la cabane de son jardin partagé. « C’est typiquement le genre de matériel que notre collectif n’a pas envie d’acheter, explique-t-elle. D’abord parce qu’on n’est pas très riches, ensuite parce que, même si on a vraiment besoin, on ne l’utiliserait pas assez souvent. »

 

« Notre idéal : les particuliers qui jardinent en collectif »

 
Membre de deux associations, jardinière en série sur au moins huit parcelles, la jeune femme n’en est pas à son premier prêt d’outil. « On jardine beaucoup dans les parcs publics, et souvent des enfants veulent participer mais on manque de matériel. »
 
Pour doter les jeunes curieux de gants à la bonne taille et de petit outillage, Lucie Berzko a pris l’habitude de s’adresser à une autre association : Graine de jardins.
 
A quelques pâtés de maison du local de Toits vivants, dans le quartier de la Goutte d’Or, l’association fait profiter gratuitement les collectifs et les écoles de sa propre outilthèque ouverte au début du printemps. Mais à la différence de la structure voisine, Graine de jardins ne vise pas les particuliers. « D’abord parce que nous serions très vite dépassés par les demandes, ensuite parce que notre idéal c’est que les particuliers jardinent en collectif », explique Laurence Baudelet, la coordinatrice de l’association.
Son outilthèque, inspirée de celle de l’association Passe-jardins de Lyon, est née d’un besoin. Sur la centaine de jardins collectifs que compte la capitale (carte en pdf) plus de la moitié se situe dans le quart nord-est, « là où le tissu associatif est dense et où il reste des espaces en friches », précise Juliette Nouvel, de Toits vivants. Ainsi le quartier de la Goutte d’Or dispose d’un annuaire fourni des acteurs de la végétalisation urbaine. « Mais en faisant le tour des inscrits, l’équipe de développement local a constaté un besoin criant de matériel », explique Laurence Baudelet. Alors, l’association a fait circuler un tableur Excel, pour dresser l’inventaire des requêtes. Puis, grâce aux subventions récoltées auprès de la mairie de Paris, elle s’est équipée. Désormais, les binettes utilisées par les instituteurs et leurs élèves en semaine remuent la terre des jardins collectifs le week-end.

 

Article original publié sur TerraEco.net

 
 
 

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