Récits

Les lois de la physique moléculaire pourraient s’appliquer à la texture des villes 

Article paru sur Les Echos sous le titre original: « Comment prédire la ville du futur »
 

Les scientifiques cherchent à mettre la complexité des systèmes urbains en équation, au même titre que les structures atomiques ou les galaxies. Objectif : concevoir la ville parfaite.


 
Franz Ulm et Roland Pellenc, deux spécialistes de la structure atomique du ciment au MIT (Massachussetts Institute of Technologies), ont découvert des corrélations étonnantes en comparant entre elles la densité des villes et des éléments du tableau périodique de Mendeleïev : traduite en courbe, la structure quadrillée de Chicago forme un dessin identique à la configuration cristalline ordonnée de l’argon, tandis que le berceau de la musique grunge, Seattle dont le plan incohérent perd les touristes, s’apparente à sa forme gazeuse, s’écoulant sans contrôle.
 
1926RapidTransitStudy
Plan de Seattle, non traduit en courbe
Source: sustainablewestseattle.org

 

« Cette surprenante analogie nous conforte dans l’idée que les lois de la physique moléculaire peuvent s’appliquer à la texture des villes », avancent les chercheurs. Ils ne sont pas les seuls : d’autres scientifiques – physiciens, urbanistes, statisticiens, designers, psychologues… – ont dans l’idée de mettre l’organisation urbaine en équations. Leur objectif est ambitieux : pour prédire la ville du futur, ils veulent créer la matrice d’une nouvelle « physique urbaine », capable d’écrire les lois qui régissent le fonctionnement de ces « arrangements urbains ».
 
« La ville est une forme complexe, dont il n’existe aucun autre équivalent dans la nature, explique Luis Bettencourt, physicien spécialiste des systèmes complexes à l’Institut de Santa Fe. Il ne s’agit pas que d’agglomération de personnes, mais d’agglomération de connexion entre les gens. Toutes les autres propriétés – les routes que nous construisons pour aller jusqu’aux autres, la densité requise pour le faire, les produits économiques et les idées que nous créons ensemble – découlent de ce fait ». Dans un article publié par la revue « Science », le chercheur s’est intéressé non seulement à la forme des villes, mais à leur fonction, partant de l’hypothèse que de Paris à Boston en passant par Toulouse, elles obéissent toutes à certains paramètres universels. « Nous devons nous demander ce que les villes font, et pas ce à quoi elles ressemblent ou comment elles grandissent, explique-t-il. Quand les humains se regroupent en colonies denses, il est clair qu’ils créent collectivement une dynamique capable de produire des résultats créatifs et économiques. » C’est ce qu’il appelle « un réacteur social » qui, en tant que tel, évolue selon un petit ensemble de principes mathématiques décrivant comment les propriétés des villes varient en fonction de la taille et des interactions de leur population.
 
Cliquez ici pour lire la suite de l’article
 
 
 

Commenter l’article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Je déclare avoir pris connaissance et avoir approuvé la Charte de modération et j'accepte que ma réaction soit publiée sur le site Lumières de la Ville.