Brèves

Le loup de Berlin

Article paru sur Le Monde sous le titre original « Le loup est aux portes de Berlin », par Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)
 
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Des loups repérés à Potsdam, tout près de Berlin (Allemagne), le 15 mars 2015. Robert Franck

 
En ce matin de la fin d’hiver, Robert Franck est très excité. Cet expert du loup vient de faire une sacrée découverte : le loup solitaire qui vivait depuis des années près de Rheinsberg, dans le nord-est du Brandebourg, la région qui entoure Berlin, a sans doute trouvé une compagne. « C’est un collègue chasseur qui m’a appelé ce matin. Il avait vu des traces dans la neige ! J’ai foncé. Et là, je n’en croyais pas mes yeux. Non plus une trace, mais deux ! En pleine saison des amours ! Ça veut dire que nous devrions avoir des louveteaux au mois de mai ! », jubile-t-il.
Jusqu’ici, dans le nord du Brandebourg, les loups ne s’étaient pas beaucoup manifestés. Depuis leur retour dans la région, ils avaient plutôt investi le sud, la frontière avec la Saxe, jusqu’aux terrains militaires près de Potsdam. Berlin était une sorte de frontière. En novembre 2015, un chasseur a réussi, grâce à une caméra automatique, à photographier un loup à l’intérieur du Ring, la voie ferrée circulaire qui ceinture Berlin. Une petite sensation dans la capitale allemande, où l’on a déjà l’habitude de croiser renards, sangliers, ratons laveurs et autres martres dans les grands parcs de la ville.
 

Renards, sangliers, ratons laveurs


 
La perspective de croiser un loup à Berlin fait sourire Robert Franck. « Où veux-tu en voir, sur Alexanderplatz ? », plaisante-t-il dans son style direct et ironique,typique de la région. « Les loups marchent 40 kilomètres par jour. Cela peut bien sûr arriver qu’ils se retrouvent en bordure du territoire de la ville, où il y a beaucoup de bois. Mais le loup craint l’homme, un chasseur doit avoir beaucoup de chance pour en croiser un dans sa vie », assure-t-il.
Reste que le loup, réapparu en 2000, se reproduit à grande vitesse dans la région. Le ministère de l’environnement local dénombrait en 2012 neuf meutes dans le Brandebourg, ainsi que quelques loups solitaires, soit une centaine d’individus. Depuis le début de l’année 2016, sept loups ont été tués en percutant des voitures sur la route. Récemment, l’un d’eux a été retrouvé mort à moins de 500 mètres de l’aéroport de Schönefeld.
 
Dans sa fourgonnette chargée de matériel d’observation, Robert Franck avale les kilomètres qui séparent Zechow, où il réside, de la lande de Kyritz-Ruppin. Il s’arrête à la frontière de la zone d’exercice militaire où l’accès est interdit. Sur le chemin forestier, dans la neige encore fraîche, on distingue clairement les traces laissées par les pattes de deux loups, marchant côte à côte. Cinq coussinets surmontés de quatre griffes, très bien dessinés. Une trace est grande, l’autre plus petite. « Il lui montre son territoire, souffle Robert Franck. C’est une zone immense, giboyeuse, où ils pourront élever tranquillement leurs louveteaux. Un couple de loups reste ensemble toute sa vie. »
 
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