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Comment améliorer les conditions de vie dans les bidonvilles de Lagos (Nigéria)

Article paru sur Metropolitiques sous le titre original: Quel avenir pour les quartiers précaires de Lagos ? par Guillaume Josse & Margaux Salmon

 

Lagos, plus grande ville du Nigeria et du continent africain, compte aujourd’hui entre 17 et 22 millions d’habitants, dont plus de 70 % vit dans des quartiers précaires. La plupart de ces quartiers périphériques, construits sur des terrains marécageux, non propices à l’urbanisation, ne sont pas – ou mal – desservis en infrastructures et équipements de base. Les risques sociaux, politiques et environnementaux majeurs qu’induit cette urbanisation démesurée nécessitent de trouver rapidement des solutions.


 

Makoko

Le quartier de Makoko à Lagos (Nigeria), un bidonville sur la lagune [PHOTO: www.bbc.co.uk]

 
Lagos est un monstre urbain dont l’ombre s’étend sur 115 kilomètres d’est en ouest et 55 kilomètres du nord au sud. La ville se situait originellement sur Lagos Island, mais s’est depuis étendue vers l’ouest de la lagune de Lagos, sur le continent, au gré d’un étalement urbain au rythme stupéfiant. Lagos accueille plus de 800 000 nouveaux habitants par an. Il est difficile de donner le chiffre exact de sa population ; les sources varient ainsi entre 17 millions d’habitants et 22 millions (Federal Government of Nigeria 2006 ; World Bank 2006). D’aucuns l’estiment comme la ville la plus peuplée d’Afrique.
 

Évolution de la tâche urbaine de Lagos (1900‑2014)
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Source : Groupe Huit.

 

Lagos présente deux visages, fort contrastés. D’un côté, « Lagos la mégalo » (Bouillon 2014), le poumon économique du plus gros PIB d’Afrique, la métropole de la croissance où tout est possible, celle de la classe moyenne en plein essor, de l’énergie créative où une nouvelle génération de jeunes entrepreneurs formée à l’étranger entend bien contribuer au dynamisme et à l’essor économique du pays. En 2013, Lagos comptait près de 10 000 millionnaires. D’un autre côté, Lagos et ses slums [1] sous- et mal équipés, construits pour la plupart sur des marécages, rassemblant plus de 12 millions d’habitants. Ces zones humides représentent 78 % de la surface de l’État de Lagos. Bien que souvent inconstructibles, elles sont très densément peuplées, comptant en général plus de 1 200 habitants à l’hectare. La première des priorités est la mise en place d’un système efficace de drainage, sans lequel aucun développement n’est possible. Celui-ci est rendu d’autant plus difficile par l’absence d’espaces disponibles.
 

Les risques – sociaux, politiques, économiques et environnementaux – inhérents à l’expansion incontrôlée de ces quartiers précaires sont majeurs et les autorités fédérales, nationales et locales s’accordent désormais sur l’urgence d’intervenir par des investissements publics massifs. Cependant, la démesure de la tâche paralyse et les modalités d’intervention sur ces quartiers divisent toujours.
 

De l’identification des slums à la mise en œuvre de projets de restructuration


 
En 1983, une première entreprise d’identification des quartiers précaires à Lagos, menée conjointement par le gouvernement de l’État de Lagos et UNDP [2], a permis d’identifier 42 quartiers selon 36 indicateurs de précarité urbaine, représentant à l’époque environ un million d’habitants. Cette méthode d’identification a été enrichie, et la délimitation des quartiers précaires revue dans le cadre d’une étude de faisabilité en 1995. Les neuf quartiers considérés comme les plus démunis selon cette approche ont par la suite fait l’objet du LMDGP (Lagos Metropolitan Development and Governance Project ; en français, Projet de développement et de gouvernance de la métropole de Lagos), financé par la Banque Mondiale. Ce projet, mis en place de 2006 à 2013, avait notamment pour objectif l’amélioration de l’accès aux infrastructures (réhabilitation et construction de routes, éclairage public, canaux de drainage) et de la desserte en équipements (construction d’écoles, centres de santé, marchés) dans ces neuf quartiers. D’autres projets, financés par différents bailleurs de fonds internationaux, ou de plus petite ampleur, ont vu le jour dans les quartiers précaires de Lagos, tel le projet d’école flottante à Makoko, conçu par l’architecte Kunlé Adeyemi, envisagé comme un prototype d’architecture résiliente réplicable dans d’autres zones en proie aux inondations.
 
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L’école flottante de Makoko
Source: nleworks.com

 
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