Brèves

« Le skateur utilise l’espace public comme un cadre de vie, tandis que les piétons et les vélos le considèrent comme un simple lieu de passage »

Article publié sur Libération sous le titre original: «Le skater est le premier acteur urbain », par Marie Ottavi
 
Architecte et skateur, Julien De Smedt défend l’utilisation multiple de l’espace urbain qu’il souhaite peuplé, végétalisé, ludique.
 
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Julien De Smedt a participé à la conception d’Iceberg, dans le nouveau quartier d’Aarhus au Danemark. Photo Mikkel Frost

 
A 40 ans, Julien De Smedt est encore considéré comme un jeune architecte dans son domaine. Il a pourtant déjà œuvré à de nombreux projets d’envergure avec son agence (JDS architects), implantée à Bruxelles, Copenhague et Shanghai. A Aarhus (capitale européenne de la culture en 2017), au Danemark, il a livré, avec quatre autres cabinets, un ensemble de 208 logements baptisé Iceberg en raison de leurs pics à hauteur variable, du soleil qui caresse les façades blanches et de la position de l’ensemble, presque sur l’eau. Le New York Times vient de placer le site dans la liste très suivie des lieux à visiter en 2016.
 
A Lille, De Smedt a achevé un bâtiment public à triple entrées: une auberge de jeunesse, une crèche et une pépinière d’entreprises. Il signe aussi à Paris une partie des logements du projet de l’entrepôt MacDonald dans le XIXe arrondissement, près de la porte de la Villette. Quinze architectes et un paysagiste sont impliqués dans cette réhabilitation d’envergure (167 000 m2 au total sur 617 mètres de longueur). Les logements pensés par De Smedt sont en étage sans prise sur l’espace public.
 
Il connaît pourtant bien ce terrain-là. Skateur depuis ses 11 ans, il a souvent intégré la pratique à ses projets, sans chercher à la domestiquer. Pour Next, il évoque la place du skate dans la ville, l’architecture performative, la praticabilité versus la beauté, le végétal intégré à l’environnement urbain…
 

Vous êtes skateur. Cette pratique a-t-elle influencé votre travail ?


Lorsqu’on pratique le skate, on passe beaucoup de temps dans la rue. ça m’a amené à m’intéresser à l’espace public. La plupart des architectes font des bâtiments avec au mieux, une placette qui permet de prendre un peu de recul pour faire de meilleures photos de leur œuvre… Quand je réalise un projet, je fais intervenir l’espace public car même une banque ne doit pas être un objet qui repousse son environnement. à l’inverse, les flux urbains doivent et peuvent générer le bâtiment lui-même, comme le vide urbain qui engendre le volume construit.
 
Les skateurs sont souvent perçus comme des acteurs de la dégradation des villes…
Sauf que le skateur est le premier acteur urbain, avant les piétons, les vélos, les voitures, car il est le seul à utiliser l’espace public comme un cadre de vie alors que pour les autres, c’est un simple lieu de passage. Les skateurs sont des agents de la sécurité urbaine, des jeunes gens actifs, tout sauf délinquants. La délinquance s’arrête quand elle est confrontée à la présence constante d’autres jeunes.
 

Pensez-vous à la façon dont les lieux seront «skatés» quand vous réalisez vos projets ?


On crée un potentiel sans prévoir comment il sera utilisé. En revanche, on sait que ce potentiel est capable d’accueillir différentes activités, pas seulement pour les skateurs.
 
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