Brèves

Sur le mur de la dernière demeure de Gainsbourg, se frottent le temps et l’espace

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© LP/J.D. Source: Le Parisien

 
Il y a 25 ans, le coeur de l’immense parolier, compositeur et interprète se figeait au 5 bis rue de Verneuil dans le VII° arrondissement de Paris. Depuis ce jour et même avant, cette ultime demeure est devenue un haut lieu de pèlerinage pour toute une génération d’hommes et de femmes dont la chaire est encore empreinte des textes de Gainsbourg.
 
Les murs, recouverts de tags, de graffitis, de poèmes, d’aphorismes, de pochoirs et d’esquisses, de dédicaces, de mots d’amour et de portraits de l’artiste… s’amusent à revêtir différentes parures graphiques au cours du temps. Les écritures s’étendent, se superposent et s’entremêlent jusqu’à ce que la lecture d’ensemble ne soit plus permise, brouillée par la cacophonie silencieuse des traces. Il faut alors approcher tout près pour sentir la fraicheur de la paroi, capter ses détails et démêler l’entrelacement des émotions.
 
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Ce grand mur qui sépare une maison restée pétrifiée depuis le 2 mars 1991 de la ville et de sa turbulence est un lieu de frottement entre l’intérieur et l’extérieur, le passé et le présent, l’anonymat et la célébrité, le public et le privé. Cette paroi symbolise la limite par excellence.
La limite, cette notion développée dans les années 70 en psychanalyse, n’est pas, contrairement à ce que l’on pourrait croire, une barrière, ni une ligne de démarcation. Elle est définie comme une zone de contact, une interface; lieu de la superposition entre deux univers. Elle est donc par essence, le lieu de la communication et de la négociation.
 
Ce mur en perpétuel mouvement, changeant et intarissable, c’est l’âme de l’iconique chanteur français qui vit encore. C’est la vie, l’émotion et la reconnaissance d’une foule d’anonyme couchées sur le torchis qui enferme un intérieur tel que l’artiste la laissé 25 ans auparavant, encore rempli de cendriers gorgés de gitanes écrasées. Un kaléidoscope de mots et de couleurs que vous pouvez admirer ici entre 2005 et 2009:
 

 
 
 

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