Récits

Le skate, une contre culture urbaine

Article paru sur Vice sous le titre original : »Ce que l’architecture doit au skate », par Malou Briand Rautenberg
 
Depuis plus d’un demi-siècle,les skateurs réinventent la ville et bouleversent notre perception du réel. Une exposition leur est consacrée à Hyères, jusqu’au 20 mars. Rencontre avec Audrey Teichmann, curatrice et amoureuse des skateparks.
 
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Il y a Rem Koolhaas – et le skateur. Il faut marcher à l’envers pour comprendre l’imaginaire urbain qui se déploie dans la tête de l’un ou l’autre. Là où le piéton lambda voit un obstacle (et gueule), le skateur sourit. Des rembarres de sécurité aux rampes des escaliers, du trottoir au banc public, chaque objet urbain est détourné de sa fonction première. Comme un architecte un peu punk, le skateur s’approprie la ville avant même qu’on ne lui offre. Mais si le skate est devenu tolérable (et désirable, si l’on en croit le récent engouement de la planète luxe pour les sales gosses), le skateur reste cet être irrévérencieux pour qui la ville est une cour de récré. Pas étonnant que les architectes qui pensent les skateparks soient eux-mêmes, la plupart du temps, des kids qui passent leur temps libre à sauter les rampes et user leurs trucks sur le bitume. C’est cette fascination de réécrire la ville qui a poussé quatre curateurs, Benjamin Lafore, Sébastien Martinez Barat, Damien Roger et Audrey Teichmann à organiser l’exposition  »Landskating » à Hyères. Sur les hauteurs de la villa Noailles, elle retrace en images les liens entre skate et architecture. i-D a rencontré la curatrice Audrey Teichmann, pour parler de ceux qui réinventent la ville depuis plus d’un demi-siècle.
 
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Stéphane Ruchaud, skatepark de Courbevoie, 2016 © villa Noailles

 

C’est assez nouveau qu’on s’intéresse à l’architecture des skateparks. Pourquoi en parle-t-on si peu ?


 
On est quatre curateurs. Trois architectes et moi-même. Nous avons pris d’assaut les parties hautes de la Villa Noailles : le gymnase, la piscine. On voulait que ce sujet soit abordable pour tous, quelque soit l’âge ou le domaine de prédilection du public. Qu’on en parle peu tient à plusieurs choses : d’abord, le skate est une contre-culture. Donc il fait rarement l’objet de recherches universitaires. Après, le skate est né dans les années 1960 et s’est développé très vite. À sa naissance, le skate était avant tout une alternative au surf. Quand il n’y avait pas de vagues pour surfer, plutôt que de regarder la mer plate ou de se morfondre, les surfeurs se tournaient vers les planches à roulette. Ce qui est drôle c’est qu’ils skataient comme ils surfaient. Ils partaient à la recherche de terrains aux formes ondulantes, houleuses comme la vague. Le magazine Skateborder a vraiment documenté cette pratique, ses sources iconographiques. Il ne parle pas juste d’une pratique sportive mais d’une véritable culture. Les sources qui étudient l’architecture des skateparks sont les magazines. Puis à partir des années 1970, la pratique grandissant, Skateboarder a commencé à documenter la construction des premiers skateparks.
 
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