Débats

L’architecture de crise #6 « Cradle to cradle », du berceau au tombeau ? Paru sur Demain la ville

Imaginez un immeuble dont chaque matériau, chaque objet, chaque détail de structure soit pensé pour être réutilisé. Imaginez une ville zéro déchets, où « rien ne se perd, et tout se transforme ». Imaginez un paysage modulable où tout peut être déconstruit puis reconstruit à partir des mêmes outils. C’est en quelque sorte l’utopie d’un principe d’éco-conception théorisé aux Etats-Unis dans les années 2000 et appelé le « Cradle to Cradle » (C2C).
 

Michael Braungart et William McDonough, les fondateurs du mouvement « d’un berceau à un autre » (la traduction de « cradle to cradle ») développent dans leur ouvrage pionnier « Cradle to cradle, créer et recycler à l’infini » l’idée de penser en amont le recyclage d’un produit. Envisager la fin de vie d’un produit dès sa conception permet l’ouverture des portes du recyclage permanent et infini. Loin de prôner la décroissance, les auteurs cherchent à trouver une alternative écologique à la mouvance consumériste. En créant un modèle industriel basé sur la biodégradation des produits ou leur réintégration dans le processus de production, le déchet devient un « nutriment », biologique ou technique.
 
Les deux collaborateurs, l’un chimiste, l’autre designer, ont fondé l’agence de certification MBDC à travers laquelle ils labellisent eux-mêmes les produits « cradelisés ». Depuis, la course à la « bienséante » estampille est ouverte et quelques grands noms du big business américain se l’arrachent. Le géant du sport wear, Nike, cherche par exemple à atteindre cette distinction en réinjectant le caoutchouc de vieilles baskets dans des pistes de stades. Au total, depuis 2005, près de 43 industriels et 200 produits ont obtenu la certification C2C, tandis que les contours de son attribution restent encore flous. Textiles, mobilier, isolants thermiques… tous les secteurs de l’industrie sont concernés même si en France, le phénomène n’intéresse qu’une poignée d’industriels.
 
Dans l’hexagone, c’est l’entreprise Dim qui tient la barre, après avoir imaginé des collants conçus en textiles biodégradables et pouvant servir de compost agricole.
 
Mais au-delà du recyclage des couches-culottes et de la fabrication de teintures naturelles, c’est toute la façon de penser la construction de nos villes qui est engagée.
 

C2C or not C2C ? Une décharge se mue en parc urbain


 
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Fresh Kills, dans son état de décharge, et suite à l’action de renaturalisation du site.
Visuels du projet ©BLOOMBERG/FLICKR.

 
A Staten Island, dans l’Etat de New-York, la décharge de Fresh Kills, qui recevait jusque dans les années 80, près de 29 000 tonnes de déchets par jour, est en passe de devenir un immense parc urbain de 900 hectares.
 
Les montagnes de déchets en décomposition ont été nivelées de manière à offrir une topographie vallonnée au futur deuxième plus grand parc de la ville, d’une superficie 3 fois supérieure à celle de Central Park. Havre de biodiversité, il devrait accueillir de nombreuses espèces sauvages et offrir un cadre idyllique aux citadins friands de nature d’ici 2016, date estimée de son inauguration.
 
Néanmoins, il est incertain que ce projet puisse être estampillé C2C …
 
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