Débats

La « jungle », un laboratoire menacé que Art in the Jungle investit avec enthousiasme

Vendredi 12 février, la préfet du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, avait annoncé qu’elle donnait une semaine aux exilés campant sur la moitié sud de la « jungle » pour quitter les lieux.
 
Emmaüs, le Secours catholique, le Secours islamique, la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (FNARS), Médecins du monde et bien d’autres associations ont signé une lettre rappelant leur « profonde opposition à ce projet qui ne s’accompagne pas, à ce jour, de véritables solutions alternatives ». Loin de s’opposer à ce démantèlement, ils cherchent à rappeler à l’Etat l’absence de solutions alternatives dignes d’accueillir les réfugiés.
Une pétition circule actuellement sur les réseaux sociaux, que vous trouverez ici. Signez vite, les jours sont comptés!
 
Depuis quelques mois, Art in the Jungle oeuvre sur place pour proposer des interventions artistiques en direction des habitants. En complément, des évènements visent à ouvrir la Jungle sur l’extérieur. Ce mouvement a, entre autres, accompagné l’inauguration d’une l’école laïque et mené des expositions et des interventions artistiques en dehors de la jungle, afin de sensibiliser le public extérieur à la créativité de ses résidents.
 
 

Une occasion pour nous de reparler de l’article de Libération publié en décembre dernier par Philippe Godin: « ART in the Jungle »


 
« La « jungle » de Calais devient pour quelques jours un lieu d’utopie concrète et libertaire, comme le furent en leurs temps la Catalogne ou Saint Alban. ART in the Jungle est un véritable laboratoire d’expérience où se tissent des passerelles fragiles entre artistes actifs vivants ou non dans la « jungle de Calais », mais également migrants et habitants de calais ou d’ailleurs. La photographie et le vagabondage de l’esprit sont aux premières loges!
 
c316111fe33518ea9b3e8284598cc9a7
Photo Sébastien Arquez. L’artiste Srecko Boban prépare des moulages avec Zimako en vue d’une installation

 

CALAIS JUNGLE


 
« Calais Jungle », on aimerait que cela sonne comme un célèbre opus de jazz à la mesure de toutes les improvisations et des expérimentations humanitaires et artistiques qui s’ébauchent dans ce camp de fortune. Les médias, pourtant, n’en font guère écho, préférant surfer sur l’écume nauséabonde d’un flux d’images dématérialisées, rompus au travail d’une information formatée.
 
Hormis quelques articles dans le Monde et Libération, la presse a peu consacré d’articles à cet élan de solidarité qui se lève depuis quelques semaines à l’initiative du monde de la culture et de celui des associations humanitaires. Peu avant les élections régionales «  L’Appel de Calais  » fut lancé sur le site Libération.fr, par un groupe de cinéastes, et signé par 800 artistes et personnalités – de Jeanne Moreau à Eric Cantona, en passant par Edgar Morin et Judith Butler. Ce collectif rappelait aux pouvoirs publics la situation catastrophique des migrants et des réfugiés sur le camp calaisien, et relayait ainsi la dénonciation faite par de nombreuses associations des conditions d’insalubrité et d’indignité, dans lesquelles vivaient les migrants.
 
Par ailleurs, une nouvelle vague d’initiatives artistiques a vu plus récemment le jour en investissant de l’intérieur cette « jungle » de Calais. Ce sont surtout des plasticiens, des photographes et des vidéastes qui en sont les acteurs. Tout semble parti d’une personnalité hors norme au sein même de cette communauté de réfugiés : « Alpha » qui ne pouvait pas mieux porter son nom !
 
9b5261ec90b9b32fa3a507d9d97007c5
L’Artiste Alpha Photographie argentique – Léon Dubois

 
Comme en témoigne la présentation que le photographe Léon Dubois lui consacre dans son reportage :
 
« Alpha » est un artiste mauritanien installé depuis plus de 6 mois dans la « jungle ». Il a construit tout un univers pour les habitants : une école d’art, un atelier, une bibliothèque. Des associations lui emmènent du matériel pour qu’il puisse peindre ses toiles. Demandeur d’asile, il parle français et œuvre beaucoup pour aider les autres. Sa maison est bien connue, sorte de hutte, il l’a appelée : la maison bleue sur la colline. »
 
183f2403c6c05d3afa7b4f69269a2675
Sébastien Arquez Photographe

 
12688310_944961178931736_5270130016994880279_n
Source: page Facebook de Art in the Jungle

 
Cliquez ici pour lire la suite de l’article
 
 
 

Commenter l’article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Je déclare avoir pris connaissance et avoir approuvé la Charte de modération et j'accepte que ma réaction soit publiée sur le site Lumières de la Ville.