Débats

Catherine Jacquot, la présidente du Conseil national de l’ordre des architectes, s’insurge contre « Réinventer Paris »

Article publié sur Télérama par Luc Le Chatelier sous le titre original :“Réinventer Paris”, ou le piège des architectes
 
Catherine Jacquot, présidente du Conseil national de l’ordre des architectes, s’en prend au « cynisme » d’Anne Hidalgo qui, avec l’opération « Réinventer Paris » exploite la misère des architectes et les oblige à travailler gratuitement.
 

Que reprochez-vous à l’opération Réinventer Paris, menée par la Ville de Paris sur vingt-trois sites qu’elle possède.


 
La Ville de Paris, qui mène depuis longtemps une vraie politique qualitative en matière architecturale et urbaine, donne l’impression soudaine d’oublier tous ses principes vertueux au profit d’une vaste opération de communication. Réussie, d’ailleurs, je ne le nie pas. Mais qui ne respecte pas le travail de l’ensemble des professions qui ont participé à cette consultation. La plupart des équipes, il faut le rappeler, n’ont pas été payées ! Des milliers de gens ont travaillé pour rien. Bien sûr, la Ville se défend en disant que c’est une consultation de projets de valorisations foncières menés par des promoteurs privés. Ce qui est légalement vrai, mais philosophiquement irrecevable.
 

Quelle est la règle habituelle dans un concours public ?


 
Quand on veut construire quelque chose, on se situe dans le code des marchés publics, encadré par des règles européennes, et on organise soit un concours, soit ce qu’on appelle des « procédures adaptées » pour les petites opérations. Il y a des règles à respecter.
 
En concours d’architecture, les équipes finalistes sont payées à hauteur de 80 % de la mission réalisée dans le cadre du concours : il s’agit de ce qu’on appelle un avant-projet sommaire qui aborde déjà beaucoup de précisions et intentions. Pour un bâtiment de 20 000 m2, ce sont des mois de boulot et des dizaines de milliers d’euros!
 
Là, les soixante-quinze finalistes ont tous été au-delà, en fournissant l’équivalent d’un avant-projet détaillé, sans aucune garantie de toucher quoi que ce soit.
 
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Vos commentaires

  • Il aurait été bon que cet article rappelle que c’est la notion « d’utilité publique » de l’architecture et donc l’indépendance des architectes vis à vis des promoteurs et des entreprises qui expliquent la règlementation des appels d’offres publics de maîtrise d’oeuvre.
    Attention aux approches technocratiques du sujet.

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