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Les « data cartes » de Eric Fischer, de véritables tableaux pointillistes

Nous vous avions déjà parlé des magnifiques cartes de Eric Fischer dans un précédent article. Celles-ci représentaient les photographies déposées sur Flickr en distinguant par un code couleur les photos d’une ville prises par ses résidents de celles prises par les touristes. Ainsi apparait la segmentation spatiale des villes, entre quartiers attractifs et quartiers « ignorés ». Cette série intitulée « Les habitants et les touristes » a été présentée en 2010 au MoMA lors de l’exposition « Talk to Me ».
 
Une autre série, nommée « Voir quelque chose ou dire quelque chose » oppose, entre bleu et jaune, les géolocalisation des tweets postés à celles des photos capturées. On y remarque par exemple Jakarta, très peu prise en photo sur Flickr mais noyée sous les tweets.
 
Les photos flickr sont en jaune, tandis que les tweets sont représentés en bleu.
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Europe

 
Londres
Londres

 
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New York

 

seoul

Seoul

 

SF

San Francisco

 

Singapour

Singapour

 

Jakarta

Jakarta

 

Fortement impressionné par la carte Bill Rankin représentant les clivages ethniques de Chicago, Fischer a complété sa démarche d’informations relatives à l’origine. En se basant sur les données de recensements, il représente la répartition spatiale entre Blancs, Noirs, Hispaniques et Asiatiques dans 108 villes américaines, en 2000 et en 2010. « Race and Ethnicity » révèle la disparité territoriale entre ethnies et la faible croissance de mixité au cours du temps.
 
La couleur rouge représente les américains « blancs », le bleu les afro-américains, le vert ceux d’origine asiatique et le orange ceux d’origine hispanique. En gris sont représentés ceux dont l’ethnie est indéterminée. Chaque point est équivalent à 25 personnes.
 
Chicago

Chicago 2000/2010

 

LAok

Los Angeles 2000/2010

 

NYok

New York 2000/2010

 

phoenix

Phoenix 2000/2010

 

Jouant toujours avec les métadonnées de géolocalisation, Eric Fischer a mis au point une carte interactive de type google map, révélant non plus l’identité des individus mais leurs trajets parcourus.
Pour se promener dans la carte, cliquez ici
Tout comme face à une peinture pointilliste de Seurat, l’observateur se doit de prendre du recul afin de construire mentalement une image d’ensemble. Les lignes montrent le trajet à vol d’oiseau entre différentes photos prises à la suite par le même photographe et leur couleur change en fonction de leur vitesse de déplacement. A la manière du nain de Amélie Poulain, les photographies sont témoin d’un voyage, d’un trajet.
 
En voici quelques extraits:
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Aspect très zoomé

 

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Marseille

 
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Amsterdam

 
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Berlin

 
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San Francisco

 
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New York

 

Ce projet rappelle sa série cartographique intitulée «Chemins à travers les villes. » Sur chaque carte sont inscrits 30.000 trajets aléatoires définit sur la base de 10.000 géomarques aléatoires. Le travail est remarquable pour son esthétique autant que pour son information: la ville devient un réseau, souvent articulé autour d’une faille centrale.
 
Barcelone

Barcelone

 
paris
Paris

 
melbourne
Melbourne

 
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Tokyo

 

Ancien programmeur chez Google, Eric Fischer a été salué par le New York Times et les critiques d’art. Son intérêt pour les cartes a commencé dans les sous-sol de la Regenstein Library où les cartes historiques de transport en commun de Chicago ont attiré son attention. Il commence ainsi à glaner et à poster d’anciens plans de transport avant de constituer ses propres cartes. On attend avec impatience la prochaine étape !
 
 
 

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