Récits

L’architecture de crise #2 : Face à la menace de l’eau, la ville transformée

Dans un précédent article de notre série sur l’architecture de crise, nous avions étudié comment l’habitat ou des parties de villes peuvent évoluer pour faire face au risque de submersion. Certains projets vont plus loin et prévoient une adaptation de l’ensemble de la ville pour cohabiter avec l’eau.
 
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Visuel d’illustration du projet de parc humide central en Nouvelle-Orléans
©Waggonner & Ball Architectes

 
A l’échelle de la ville toute entière, La Nouvelle-Orléans, marquée par le traumatisme des tornades Betsy et Katrina, a engagé un programme de recherche appelé « Dutch Dialogues » porté par les architectes-urbanistes américains Waggonner & Ball. Située au confluent du Mississippi et du golfe du Mexique, la Nouvelle-Orléans a toujours été la «Porte des Amériques». Malgré plus de 100 ans de connaissances en techniques de protection contre les ouragans, la ville connaît un vieillissement de ses infrastructures de drainage, aujourd’hui inadaptées aux défis à relever. Pour repenser intégralement la manière de combattre le risque, un plan de sauvegarde a été conçu à partir d’une série de réunions et d’ateliers menés entre ingénieurs, designers urbains, paysagistes, urbanistes, experts des sols et de l’hydrologie, à la fois originaires des Pays-Bas et de la Nouvelle-Orléans.
 

Remplacer les murs par des parcs


 
La ville a sensiblement bouleversé son approche en prévoyant de remplacer les centaines de murs qui contraignent les canaux par des parcs, des sentiers, des quais, des rues aux chaussées perméables. Restaurer, renaturer, en déconstruisant des fragments de ville peu indispensables au maintien des populations tels que les parkings et les friches industrielles, constitue la réponse choisie par la métropole, face aux enjeux que font peser sur elle les risques de submersions. De plus, la création d’un immense plan d’eau central permettrait de recueillir la globalité des ruissellements générés par le tissu imperméable. Un cœur aquatique, en plein milieu urbain, battant au gré des débordements et des fluctuations climatiques, en somme, qui assurerait par ailleurs l’évacuation des eaux débordant du Mississippi vers le lac Pontchartrain, ouvert sur le Golfe de Mexico.
 
Ainsi, offrir un cadre de vie au panorama imprenable, riche en biodiversité, en services et en espaces de détente, en plus de protéger la population des inondations, représente un programme qui séduit de nombreuses villes.
 

Reconstruire le lien avec la mer…


 
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