Débats

Les usages comme fil directeur du projet de la place de la République à Paris

Article paru sur Métropolitique sous le titre original : « Quelle prise en compte des « usages » dans la conception des espaces publics urbains ? Le cas de la place de la République à Paris », par Morgane Delarc.
 
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Image : leblogdefrancine

 
Si l’attention aux usages – notamment piétonniers – dans les aménagements contemporains n’est pas exempte d’idéologie, elle peut être un gage de qualité des projets. Morgane Delarc montre, à travers l’exemple du réaménagement de la place de la République à Paris, que la notion « d’usages » peut constituer un analyseur des formes de coopération entre les différents professionnels mobilisés dans les projets urbains.
 
 
Le réaménagement des places à Paris est aujourd’hui un enjeu d’urbanisme majeur, l’espace public « [devant] constituer un lieu d’expérimentation de la ville partagée, […] pour qu’une priorité soit accordée aux piétons, aux circulations douces, à la nature et au lien social ». Dès 2008, le projet de réaménagement de la place de la République avait été lancé, préconisant de concevoir une « grande place populaire du XXIe siècle ». Parmi les objectifs, il s’agissait d’intégrer les « nouvelles mobilités et mieux partager l’espace public » et de renforcer la convivialité des usages.
 
L’attention aux usages a constitué un fil directeur du projet de la ville de Paris (maître d’ouvrage) dans toutes les étapes du projet : la concertation préalable menée par la ville et le collectif BazarUrbain, les études de la direction de la Voirie et des déplacements (DVD) de Paris avec l’Atelier parisien d’urbanisme (APUR) et la RATP ; la phase de conception menée par l’équipe de maîtrise d’œuvre sélectionnée en 2009, l’agence d’architecture TVK (Trévelo et Viger-Kohler) associée à deux cabinets de paysagistes, Martha Schwartz Partners et Areal, à AIK/Yann Kersalé pour la conception lumière, et au bureau d’études techniques ATEC Ingénierie, ainsi que dans la deuxième phase de concertation réalisée par TVK et l’agence Ville Ouverte ; enfin, dans la programmation qui associe la ville et les programmistes Attitudes urbaines et ER.AMP (Emmanuel Redoutey – Assistance à maîtrise d’ouvrage).
 

Les usages comme fil directeur du projet


 
L’usage, mot employé par les professionnels dans le projet de la place de la République de manière différenciée, forme un leitmotiv. Il est devenu un terme commun, intégré à un vocabulaire courant à chaque étape du projet. Il a été aussi un outil et un facilitateur d’échanges et de compréhension pour les différents professionnels mobilisés.
 
« L’usage » a d’abord été un point de départ dans la définition des impératifs du projet. Dans le diagnostic réalisé par la ville de Paris, la RATP et l’APUR (2008), de mars à septembre 2008, les usages constituent des points d’attention des études préalables et figurent explicitement au rang des objectifs formulés (« Quels usages développer à la fois à l’échelle des quartiers et à l’échelle d’une grande place d’envergure ? », p. 68). Suite aux résultats de ce diagnostic, le collectif BazarUrbain, mandaté spécifiquement pour la concertation de décembre 2008 à mars 2009, a recueilli la voix des usagers, en commençant à travailler sur la préfiguration des usages de la place : « L’usage des kiosques n’est pas dérangeant. Franchement, ils sont biens, ils sont beaux et ils sont utiles […] »; « Quand on regarde ces photos, on voit des espaces verts on se dit : “ah, c’est merveilleux ; c’est un endroit où les gens vont pouvoir aller se promener, se rencontrer”, et on se rend compte à l’usage que ce n’est absolument pas le cas ».
 
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