Brèves

Le 21 Janvier est la journée mondiale du câlin ! Retour sur la pratique urbaine des Free Hugs

 
1784103_7_04eb_le-baiser-entre-brejnev-et-honecker-sur-une_396fdcefe14d820c8112eccdef9ab4da

Le baiser historique entre Brejnev et Honecker, représenté sur une portion préservée du mur de Berlin.

 
Et oui, aujourd’hui c’est le « Hug Day », le moment de faire un câlin à votre voisin, à votre patron ou… à n’importe quel inconnu dans la rue. C’est en tout cas ce que certains font, et pour eux, pas besoin de date « anniversaire ».
 

Les free huggers ont émergé avec un homme, Juan Mann, qui lance le mouvement en Australie suite à une série d’épisodes douloureux rencontrés durant l’année 2004. Face à la solitude et au manque d’affection, il décide de se promener dans un centre commercial, un écriteau à la main, en proposant de distribuer des accolades gratuites.
 


 
En filmant ses premières tentatives et en les propageant sur les réseaux sociaux, le jeune australien fait naître un mouvement mondial. Il crée une communauté internet, une marque, un site. En passant dans le talk show vedette aux USA, celui d’Oprah Witney, Juan Mann atteint le sommet de sa gloire mais attire aussi les foudres des internautes qui l’accusent de manipulation capitaliste, de story telling et de retour sur investissement.
 
Malgré tout, un mouvement est né, celui d’étreindre son prochain dans un élan humain spontané et désintéressé. La rue y tient un rôle prépondérant, comme lieu de rencontres aléatoires, entre individus extrêmement différents. Au dela de la pratique personnelle que certains peuvent en faire, les Free Hugs sont devenu un symbole: de lutte contre la discrimination, de réconciliation et de paix.
 

En 2007 en France, le Ministère de la santé et des solidarités et l’Institut national d’éducation pour la santé (INPES) a mis en place un plan de communication se servant de la popularité de ce mouvement pour lutter contre les discriminations des personnes atteintes du VIH. Une série de douze portraits réalisée en partenariat avec France télévisions visait à leur redonner une visibilité.
 

Aux Etats-Unis, deux photographies immortalisent le Free Hug à jamais.
 
Ferguson-Johnny Huu Nguyen

© Johnny Huu Nguyen

 

Suite à des épisodes de tueries affrontant population afro-américaines et américains « blancs », de nombreuses manifestations scindent l’Amérique en deux.
Lors d’une manifestation « post-Ferguson », visant à dénoncer la mort de Michael Brown, un jeune afro-américain abattu par un policier blanc en 2014, une photographie saisit un jeune noir américain de 12 ans en pleurs (portant à l’origine une pancarte « free hugs ») et un policier blanc, se serrant dans les bras.
 
Charleston-John-Nettles-Jr_reference

© John-Nettles

 
De même, à Charleston, lors de la cérémonie d’hommage aux neuf victimes abattues par un tireur blanc dans une église noire, un père de famille prend son fils en photo lorsqu’il distribue un hug à une jeune femme afro-américaine. Le succès de la photographie devint mondial et des posters furent même mis en vente…
 
Extrêmement relayés sur les réseaux sociaux, ces clichés sont devenus un symbole d’espoir, après des semaines d’échauffourées entre manifestants noirs américains et forces de l’ordre. L’espoir que, si l’Amérique s’est embrasée, elle peut aussi se réconcilier. Et encore une fois, la rue est le théâtre du déploiement de moyens d’expression anticonformiste !
 
 
 

Commenter l’article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Je déclare avoir pris connaissance et avoir approuvé la Charte de modération et j'accepte que ma réaction soit publiée sur le site Lumières de la Ville.