Récits

« Horizon passagé », le meilleur diplôme de l’Ecole Spéciale d’Architecture 2015 compose avec la marée

Article publié dans Le courrier de l’architecte sous le titre original « Sébastien Tabourin & Nicolas Delalande, deux diplômés à la mer »
 
En 2015, la mention du meilleur diplôme de l’Ecole Spéciale d’Architecture a été attribuée à Sébastien Tabourin et Nicolas Delalande pour leurs «Horizons passagers» qui se veulent «une architecture maritime comme refuge d’une expérience oubliée». Rencontre avec les éléments où la marée rythme l’expérience d’un espace sans programme. Un travail mené sous la direction de Carl Fredrik Svenstedt et Chris Younès.
 
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« En parcourant ce projet, vous embarquerez dans l’univers poétique et fantastique de la mer, vous vous placerez au cœur du milieu, vous le vivrez, le ressentirez à travers diverses expériences. Du grand large au littoral, de l’imaginaire à la matière, nous vous emmènerons à la rencontre du paysage afin de vous raconter la manière dont l’architecture, l’homme et la mer, pourraient se rejoindre au sein d’une expérience nouvelle.
 
Pour ce faire, nous nous sommes alors attachés à une notion qui, non seulement nous est privilégiée en France, mais qui exprime aussi un imaginaire architectural et un dialogue paysagé fort : la marée.
 
La Bretagne vit au rythme des plus grandes marées du monde. C’est avec surprise que nous avons découvert notre site, le sillon du Talbert. Point le plus au Nord et premier site remarquable de Bretagne, il est une longue langue de galets de quatre kilomètres qui s’avance dans la mer, protégeant la baie des courants et des vagues. Le chemin de grande randonnée qui le traverse transforme le site en lieu de pèlerinage où de nombreux fidèles se rendent quotidiennement. Pécheurs, promeneurs et amis s’y retrouvent le temps de quelques heures pour marcher vers le large, en direction du phare des Hauts de Bréhat. A la pointe du sillon, après trois heures de marche, se cache le petit archipel d’Olonne. Anciennement rattaché au sillon, il faut désormais attendre la mi- marée pour pouvoir s’y rendre. C’est sur la dernière île de l’archipel que le projet va prendre corps.
 
Pour mieux comprendre ce site, nous avons parcouru ce vaste paysage, nous l’avons vécu pendant trois jours, nous l’avons observé, touché, écouté et enregistré. Nous avons échantillonné ses matières, ses couleurs, pour établir une sorte de matériauthèque afin d’étudier la réaction des matériaux envisagés avec le milieu environnant. Cette première recherche expérimentale, in situ, est devenue la base de notre travail. Ce contact permanent avec le site nous a ensuite permis d’imaginer et de dessiner de futurs espaces. Transformer nos sensations paysagères en architecture, tel était notre objectif.
 
Le paysage semble uniforme mais se révèle différent à mesure des heures de la journée, et des jours de l’année. Une fois cet ensemble parcouru et arpenté, nous voulions que notre projet, quel qu’il soit, quelle que soit sa forme, évolue en harmonie avec le paysage, qu’il passe de l’humide au sec, du statut d’île, d’archipel, à celui de massif rocheux.
 
C’est en affrontant la mer par notre géométrie que nous magnifions son expérience. Nous avions décidé que le projet serait une masse qui viendrait encadrer le site, entourer l’île sans y toucher. L’idée était de valoriser la beauté et la force de cet îlot vert au milieu de ce désert de sable ou d’eau.
 
Mais pourquoi ?, vous demanderez-vous.
 
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