Brèves

La Philharmonie de Paris a tout juste 1 an

Un an après son inauguration polémique, la Philharmonie 1 semble être un franc succès.
 

Premier w.e des journées portes ouvertes de la Philharmonie 1 ©MaxPPP

Premier w.e des journées portes ouvertes de la Philharmonie 1
©MaxPPP

Le terme « Philharmonie » regroupe deux bâtiments dédiés à la musique:
 
– la Cité de la musique, réputée pour son musée et ses concerts de jazz ou de musique contemporaine, ouverte en 1995 et renommée « Philharmonie 2 »
– la « Philharmonie 1 », inaugurée le 14 janvier 2015, qui accueille les rendez-vous symphoniques et de prestige international. Ses résidents permanents ne sont autres que l’Orchestre de Paris et l’Ensemble Intercontemporain.
 
Pour réaliser ce joyaux d’architecture et d’acoustique, la star française, Jean Nouvel, et son associée Brigitte Métra, se sont entourés des fameux acousticiens Marshall Day Acoustics et Nagata Acoustics, ainsi que des scénographes Jacques Le Marquet et Ducks scéno. Le résultat est saisissant. La « Grande salle » mythique de 2 400 places, à l’aspect futuriste et organique, procure la sensation d’un retour aux sources, dans le ventre de la mère. Le visuel contribue fortement à l’audition. Un environnement dur, comme la salle Pleyel depuis sa rénovation, aux murs immaculée d’un blanc violent, provoque chez certains l’impression d’un acoustique sèche explique un expert du son sur France Culture De plus, la taille ainsi que le cubage (volume d’air par spectateur) de la salle sont exceptionnels. Ce sont eux qui participent de la perception de l’espace de l’auditeur et de clarté de la musique.
 
Spectateurs et musiciens sont unanimes, le son y est transcendant.
 

©William Beaucardet

©William Beaucardet


 
Architecturalement non plus le projet ne passe pas inaperçu.
 
Lové à l’entrée du Parc de la Villette, l’oeuvre de Jean Nouvel devait être à la hauteur de ses concurrents Bernard Tschumi, Christian de Portzamparc, Alexandre Chemetov (à l’origine du jardin des bambous)… dans cette sorte de jardin d’exposition des architectes de renom. Son Philharmonie reprend les formes d’une colline en aluminium couverte d’oiseaux scintillants. Il s’érige comme une butte qu’il est possible de grimper pour profiter d’un panorama sur Paris et ses alentours, au-delà du périphérique. Sa localisation dans l’est parisien lui donne la capacité de contrebalancer le poids des salles élitistes de l’ouest : Pleyel, l’auditorium de Radio France… En ce sens, la Philharmonie un signal et un emblème du Grand Paris.
 
Philharmonie-Paris-e1420205992632
 
©Aurélie Delaunoy

©Aurélie Delaunoy

Il y a un an, c’est un bâtiment inachevé qu’avait découvert le public. Avec deux années de retard et un budget passé de 170 millions initialement prévus à 386 millions d’euros, il avait été reçu de façon très mitigée. Mais aujourd’hui, les chiffres révèlent sa popularité. « Les prévisions les plus optimistes tablaient sur 800 000 visiteurs. Nous approchons 1,2 million » indique son président, Laurent Bayle au journal La Croix. Ce succès de fréquentation vient d’un désir d’élargissement de la base sociale des publics de la Philharmonie. Le public de la musique classique vieillit et depuis la fin des années 1960, les pratiques musicales se sont diversifiées. Fort de ce constat, la Philharmonie a cherché à adapter ses tarifs et sa programmation. Le prix des billets est en moyenne 25 % moins cher qu’à Pleyel et les moins de 28 ans peuvent assister à un concert pour 10 €. La programmation s’élargit également, plutôt familiale le week-end, elle offre la possibilité de participer à des représentations et à des ateliers musicaux. Des concerts de musique actuelle sont prévus pour attirer un public plus varié et rendre cette « institution » moins intimidante.
 
Un projet colossal qui mit du temps à trouver sa place dans le paysage grand-parisien, mais qui a le mérite de diversifier sa programmation et de viser un public bien plus large que les autres salles de prestige !
 
 
 

Commenter l’article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Je déclare avoir pris connaissance et avoir approuvé la Charte de modération et j'accepte que ma réaction soit publiée sur le site Lumières de la Ville.