Portraits

Les rencontres #Street-artistiques de Miss Acacia : Arsenic et vieilles dentelles de Smot

Couv Smot

 

Pour ce premier portrait de l’année, j’ai choisi de vous parler d’un artiste que l’on connaît peu. Surement parce qu’il est très discret. Il signe simplement ses œuvres de son nom d’artiste : Smot. Et si vous le cherchez sur le web c’est peine perdue. Il n’a ni site, ni page Facebook ou compte Flickr. Voilà pourquoi j’ai eu envie que nous fassions connaissance avec lui.

 

Lorsque je l’ai rencontré au Cabinet d’amateur, je lui ai demandé d’où venait son nom d’artiste. Il m’a raconté la toute première fois où son fils a essayé d’écrire son prénom. Il manquait des lettres et elles étaient dans le désordre. Mais il a aimé le résultat et a décidé d’en faire son pseudo. Un joli clin d’œil à son petit bonhomme.

 

La passion du dessin

 

Le dessin est chez lui une seconde nature. Depuis tout gamin, il aime dessiner. Ses cahiers d’écoliers étaient remplis de châteaux forts et de Goldorak. Puis il est devenu adolescent et a découvert les pochettes de vinyles avec les lettrages et les logos. Il a passé des heures à les reproduire. Alors, cela allait de soi, il a choisi de faire des études d’art. Après quatre années passées dans un école d’art parisienne, il a continué de dessiner chaque jour en devenant graphiste.

 

Même s’il aime beaucoup son métier, il se trouve parfois « coincé entre quatre murs » face à toutes les contraintes qui lui sont imposées : format, support, délais, charte graphique à respecter… Tout cela laisse peu de place à son esprit créatif. Alors il s’échappe en dessinant pour lui. Il peut ainsi faire des images qu’il aime.

 

Les murs sont de véritables « territoires artistiques »

 

Il a d’abord dessiné pour lui. Seuls ses proches profitaient de son travail. Ils ont fini par trouver dommage que son talent ne sorte pas de leur cercle et l’ont incité à montrer ses dessins. Mais ça n’est pas si simple. Comment, où et à qui les montrer ?

 

La rue s’est finalement imposée assez naturellement. C’est un endroit idéal où tout est simple, très libre et beau. Il est facile « d’exposer » en toute liberté. Les murs deviennent des « territoires artistiques », c’est-à-dire des lieux de diversité et d’échange.

 

La ville est son lieu de vie. La plupart du temps, il y marche sans objectif précis. Il aime se promener au petit matin avec ses napperons, sa colle et ses pinceaux et laisser faire le hasard. En quelque sorte, il laisse les lieux choisir pour lui où il déposera l’une de ses œuvres.

 

« Arsenic et vieilles dentelles »

 

Smot est un collectionneur. Il garde des tas de choses : des photos, des articles, des gravures anciennes, des cartes postales et même des morceaux de papier. Puis, il découpe, colle, essaie de trier par thème. Tout cela devient sa « matière » de création. Il associe alors des éléments venant d’univers complètement différents et décalés afin de créer des images poétiques et provocantes. Il veut, par le biais de son art, interpeler ou dénoncer.

 

Ce qui fait la particularité de cet artiste, c’est le support qu’il a choisi pour s’exprimer : des napperons en liseré. « Arsenic et vieilles dentelles » désigne donc parfaitement son univers artistique. Il aime le napperon en papier parce qu’il le trouve « romantique » et qu’il apporte beaucoup de poésie à ses dessins. Il en donc fait sa signature.

 

Pour réaliser ses œuvres il y a tout un processus. Tout d’abord il réalise des découpages et des montages. Il fait de nombreux croquis, à la recherche du bon équilibre. Ensuite vient le travail du dessin, toujours en noir et blanc (il travaille le plus souvent à l’encre de chine). Ce dessin va servir de matrice pour la reproduction sur les napperons. Il fait ce travail de transfert lui-même, c’est donc un peu artisanal et pas forcément très fiable. Chaque napperon est donc unique !

 

Art de la rue, art éphémère

 

Le napperon de papier choisi par Smot est fragile et doit se manipuler avec légèreté pour ne pas se déchirer. Mais il l’aime car ce papier très fin épouse parfaitement les aspérités des murs sur lesquels il les colle.

 

Cette fragilité en fait également un support éphémère. Mais il aime justement cela, la marque du temps qui passe. Le papier se plisse ou se froisse au moment du collage, puis il se décolle un peu et se déchire. Parfois, il n’en reste que des « vestiges », comme il aime à appeler ces tout petits bouts qui résistent au temps et aux intempéries.

 

Voici quelques images pour découvrir le travail de l’artiste.
 

01

 

02

 

03

 

04

 

05

 

06

 

07

 

09

 

10

 

 

13

 

14

 

15

 

16

 

17
 
 
 

Commenter l’article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Je déclare avoir pris connaissance et avoir approuvé la Charte de modération et j'accepte que ma réaction soit publiée sur le site Lumières de la Ville.