Portfolios

Les silhouettes urbaines chargées de symbolisme de Ernest Pignon-Ernest

Article de SAMIRA HOUARI-LAPLATTE, paru aujourd’hui, sur le magazine Jeune Afrique le 11 janvier 2016, sous le titre original « Ernest Pignon-Ernest : « Nos relations avec l’Algérie ne s’apaiseront qu’une fois la violence coloniale reconnue » et relayé par le journal Médiapart.
 
À l’occasion de son exposition consacrée à Pasolini, cette figure internationale de l’art urbain revient sur son engagement en Afrique du Sud, en Algérie et en Palestine.
 
« L’amnésie est un signe de barbarie. » À 73 ans, celui qui fut l’un des pionniers de l’art urbain en France, Ernest Pignon-Ernest, ne lâche rien.
Depuis près de cinquante ans, le plasticien à l’oeuvre et à la vie engagées appose des images sérigraphiées sur les murs des cités à travers le monde. Des images qui évoquent des événements ou des figures historiques. Ses oeuvres éphémères, grandeur nature, habillent les murs et les lieux pour réveiller leur charge symbolique. L’artiste marxiste aime s’amuser avec les références picturales à l’iconographie chrétienne, par exemple au Caravage ou à la Pietà de Michel-Ange. Son engagement, en particulier contre le régime de l’apartheid en Afrique du Sud, l’a propulsé sur le devant de la scène internationale. À partir de cette rencontre avec la nation Arc-en-Ciel, il tissera sur place des liens étroits durant vingt ans.
 
L’artiste fait fi des nomenclatures et assume ses choix politiques. Il ressuscite les idées de la Commune, témoigne de sa solidarité avec les
damnés de la terre (Les Immigrés, Expulsions), interroge la mémoire collective des peuples et les dérives de la société à travers des figures célèbres comme Arthur Rimbaud, Guy Môquet, Maurice Audin,MahmoudDarwich ou Pier Paolo Pasolini.
 

Entretien


 
Votre intérêt pour l’Afrique du Sud n’est pas nouveau. Comment, dans les années 1970, avez-vous été amené à prendre position contre l’apartheid ?
 
» Rien ne me destinait à m’intéresser particulièrement à l’Afrique du Sud.
Mais, en 1974, Nice, une ville cosmopolite, s’est jumelée avec Le Cap. Quelques mois auparavant, les Nations unies avaient déclaré l’apartheid crime contre l’humanité. Pour moi, petit-fils d’immigré italien, ce jumelage était une trahison de l’histoire de notre ville qui avait accueilli Apollinaire, Romain Gary… J’ai alors réagi comme je le fais toujours, avec des collages ! J’ai inondé la ville de centaines d’images représentant une famille de Noirs derrière des barbelés. Tout cela montrait ce qu’il y avait d’injuste et de criminel, de négation de l’humanité dans cette union. »
 
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"Expulsion" 1979

« Expulsion » 1979

"Sida" - Durban, Soweto - 2002

« Sida » – Durban, Soweto – 2002

"Mahmoud Darwich", la figure de proue de la poésie palestinienne - Ramallah, Palestine -2009

« Mahmoud Darwich », la figure de proue de la poésie palestinienne – Ramallah, Palestine -2009

"Maurice Audin", militant de l'indépendance algérienne et mort sous la torture - Alger - 2003

« Maurice Audin », militant de l’indépendance algérienne et mort sous la torture – Alger – 2003

"Matera", ville italienne évacuée en 1952 pour insalubrité, 2015  ©EPE

« Matera », ville italienne évacuée en 1952 pour insalubrité, 2015
©EPE

"Cabines", Lyon, 1997 - Paris, 1999

« Cabines », Lyon, 1997 – Paris, 1999

Prison Saint Paul, Lyon – 2012

Prison Saint Paul, Lyon – 2012


 
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