Brèves

#So 2015, Rétrospective des nouveaux usages urbains

Et oui, l’année 2015 vient de s’achever. Et pour ne pas garder en bouche le goût amer de cette dernière, laissez nous vous la présenter sous un nouveau jour, bien plus riant celui-ci !
 

Qu’il s’agisse d’actions solidaires, de sauvegarde d’un patrimoine en danger, d’engouement écologique ou de détournement de l’espace public, la ville a été – et particulièrement en 2015 – le théâtre de réappropriations urbaines insolites. Voici quelques exemples au confins des capitales du monde entier.
 

Genève reconvertit ses abris anti-nucléaires en foyers pour sans-abri


 

Aussi surprenant que cela puisse paraitre, la Suisse, connue pour sa politique de neutralité, compte un nombre colossal de bunkers sur son territoire.
« Depuis 1978, relate le journal britannique The Guardian, une loi stipule que tout nouveau bâtiment doit être pourvu d’un abri
antiatomique. Depuis, on en compte 300 000 à travers le pays – de quoi abriter tous les citoyens suisses, ainsi qu’un million de personnes supplémentaires. »
Destinés à protéger le pays d’attaques atomiques jamais survenues, ces abris n’ayant jamais servi tombent pour la plupart en désuétude. En 2015, la ville de Genève a décidé de mettre ces espaces à dispositions des sans-abri, leur offrant ainsi un toit et quelques 200 lits leur permettant d’échapper aux températures glaciales le temps d’une nuit.
Bien que la présence des sans-abri soit nettement moins visible à Genève qu’à Paris ou New York, elle est bien réel, et cette décision sonne pour nombreux d’entre eux comme une providence.
 

Quand les églises abandonnées font peau neuve


 

Dans la ville de Llanera, en Espagne, l’église Santa Barbara a essuyé les affres de la Guerre d’Espagne. Depuis près de 70 ans, elle trône au milieu de la ville telle une relique dont les fidèles se seraient détournés. Mais depuis la fin de l’année 2015, l’édifice connait une seconde jeunesse. Comble de l’ironie, elle s’est convertie ! Le monument religieux accueille aujourd’hui un immense skate-park, au grand damne de nombreux pieux citadins. Bien que la conversion agnostique soit dure à avaler, la transformation de l’usage a permit de sauver l’édifice de la ruine ou de la démolition, au plus grand bonheur des fous de la glisse qui slaloment entre les rayons colorés par les vitraux.
 

© Okud’art

© Okud’art

S’il reste encore marginal en France, ce phénomène gagne du terrain dans le monde entier. Reconverties en salles de vente, bibliothèques, restaurants, espace de co-working ou salles de spectacles accueillant des « parties électroniques », les carcasses des églises sont sauvegardées et continuent à offrir, la plupart du temps, des espaces destinés au public.
 

L’église Saint Mathias Apôtre transformée par l’association © Chic Resto Pop

L’église Saint Mathias Apôtre transformée par l’association © Chic Resto Pop

A Marseille, les graffeur s’engagent pour les sans A


 

Comment ne pas parler de street art lorsqu’on aborde le sujet de la réappropriation urbaine! Dans la cité phocéenne, le Dog Life Project vise à sensibiliser les gens à la détresse des SDF. « À Marseille comme partout, le regard des passants envers les Sans A est souvent le même : fuyant. Mais quand ces derniers font plus de cinq fois notre taille, il est plus compliqué de continuer sa route sans y prêter attention » est il écrit sur le site de l’association Sans A. Avec ces portraits démesurés placardés sur les murs de la ville, le graffeur Joris et son équipe, imposent aux passants le regard des sans-abri.
 
Capture d’écran 2016-01-04 à 13.55.53
 
Inutile d’en dire plus, on vous laisse découvrir cette belle initiative dans la vidéo de Sans A.
 



 

Favoriser la nidification des oiseaux en ville


 

Des designers londoniens désireux d’accroitre la biodiversité urbaine ont monté The Nest Project. Robin Howie, à l’origine de cette initiative, propose la mise en place d’un système de nichoirs facilement intégrables au tissu urbain. Accrochés aux poteaux, feux de signalisation, grillages, gouttières et luminaires, ils doivent être simples à fabriquer soit même, suivant le principe du Do It Yourself. Ainsi chaque londonien désireux de participer à ce mouvement peut ainsi designer, construire et disposer son propre nichoir dans la ville. Certains y déposent même de petites caméras afin de suivre la nidification et l’éclosion des oisillons. De plus, une carte interactive permet de partager les localisation de ces refuges afin de constituer une base de données.
 

©Fieldwork Facility The Nest Project

©Fieldwork Facility
The Nest Project


Nager dans la ville liquide


 

Avant même que la Mairie de Paris n’annonce en juin dernier son plan “Nager à Paris”, un collectif appelé le « laboratoire des baignades urbaines expérimentales » s’est constitué. Grâce à eux, en période de canicule mais pas uniquement, les quais du canal Saint-Martin, du Port de l’Arsenal et parfois même les places où siège une fontaine, se peuplent de drôles d’oiseaux attifés de bouées bariolées et de maillots rayés. Une bonne occasion de boire une bière, de se prélasser un bouquin à la main et de barboter… au milieu des façades Haussmanniennes. Paris Plage porte enfin bien son nom !
 

Le Laboratoire des baignades urbaines expérimentales a fait du canal de l'Ourcq sa piscine (DR.)

Le Laboratoire des baignades urbaines expérimentales a fait du canal de l’Ourcq sa piscine (DR.)


Des légumes sous perfusion sur les toits montréalais


 

A Montréal, comme dans de nombreuses capitales, la lubie de cultiver sur les toits fait rage. Pour palier le manque d’espace au sol, la réappropriation des toitures comme nouveau socle (mais pas comme nouveau sol) aux cultures fait foi.
 

Les serres Lufa, situées sur les vastes toitures de bâtiments industriels, assurent une production de salades, tomates, courgettes… toute l’année. Protégées par des rideaux thermiques des températures extrêmes de l’hiver, elle bénéficient de la chaleur générées par l’activité du bâtiment et certifient de ne dépenser que peu d’énergie.
Pas de terre donc sur ces toits, ce qui risquerait d’en assurer l’isolation thermique. Les légumes sont cultivés en « hydroponie », une méthode hors-sol, utilisant de l’eau enrichie en nutriments.
 

Une des deux fermes Lufa @Lufa

Une des deux fermes Lufa
@Lufa

Paris est séduite par le principe. Les Galeries Lafayette ont ainsi inauguré sur leur terrasse un « champ » de 1 000 m2 de fraises au printemps dernier. D’ici 2020, la municipalité s’engage de plus à « végétaliser Paris » en y installant 100 ha de potagers sur les toits et des jardins verticaux.
 
 
 

Commenter l’article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Je déclare avoir pris connaissance et avoir approuvé la Charte de modération et j'accepte que ma réaction soit publiée sur le site Lumières de la Ville.