Brèves

L’armée de la paix fait défiler 1000 tortues place de l’Hôtel de Ville

Rachid Khimoune devant son œuvre, parvis de l'Hôtel de Ville.  © Reuters/Jacky Naegelen

Rachid Khimoune devant son œuvre, parvis de l’Hôtel de Ville.
© Reuters/Jacky Naegelen

Ce samedi, le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris était jonché de petites formes ovoïdes et blanches. A y regarder de plus près, on reconnait l’animal sacré, la tortue, symbole d’un être portant le monde en Asie et d’un « grigri » éloignant les mauvais esprits en Afrique.
 
L’artiste Rachid Khimoune veut, par cette installation, transmettre un message politique. Les 1000 carapaces correspondent à 1000 casques militaires provenant d’armées américaines, russes, allemandes et anglaises. Depuis les années 90, ils sillonnent les pays, se posent l’espace d’un instant en un lieu emblématique, requestionnent l’histoire et l’avenir… Ces carapaces portent en elles les «horreurs de la guerre». L‘idée du bien et du mal y sont réunis comme la sculpture dans le moule en négatif et positif. « Tort », « tue » et « torture » épousent alors « tortue », ambassadrice de la sagesse et de l’humanité.
 
Le message porté par cette œuvre, ainsi que son aspects, sont les dignes héritiers de l’histoire personnelle de l’artiste.
Né de parents berbères dans l’Aveyron, Rachid Khimoune porte en lui les stigmates de la guerre. Son rapport d’appartenance au sol natal fut indéniablement modelé par la guerre d’Algérie et la stigmatisation populaire. Fils d’un briquetier et d’une voyante, il apprend à déconstruire le monde pour se forger un imaginaire avec les objets du quotidien, nourrit d’histoires enfouies dans la mémoire.
 
La magie de ce conteur marque les esprits, en cette période où l’implication des troupes françaises sur le sol syrien est redoutée.
 
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