Brèves

Récit d’un trajet en transports en communs dans le Paris de 2021

Par Lukke via Wikimédia

Par Lukke via Wikimédia

Article de Vincent Manilève paru sur Slate sous le titre original « En 2021, les transports en commun d’Île-de-France seront incroyables »
 
guillemets-ouvrantLes candidats aux élections régionales d’Île-de-France rivalisent de fantaisies pour séduire les électeurs sur le sujet des transports. Comme c’est bientôt Noël, nous avons décidé de les croire et de réaliser leurs promesses.
 
 

Paris, janvier 2021.


 
C’est son dernier verre. Il est 3 heures 30 du matin, le bar est quasiment vide, normal pour un jeudi. Paul n’écoute plus son amie Laura depuis plusieurs minutes déjà. Le regard rivé sur son smartphone, il profite des derniers pourcentages de batterie pour acheter un ticket de RER. Pas besoin de regarder les horaires, les RER A passent toute la nuit en continu. À cette heure-là, il attendra au maximum son RER 20 minutes et il sera à Cergy dans une heure environ. Il finit sa pinte, la pose sur la table poisseuse du bar, règle son ardoise, dit au revoir à Laura qui n’a qu’un simple bus à prendre pour rejoindre son studio, et sort affronter la nuit glaciale.
 
Quelques minutes plus tard, en attendant sur le quai, il constate que son téléphone s’est éteint. Impossible de jouer à Candy Crush Ultimate Final Saga. Face à l’ennui, Paul relève les yeux et son regard tombe sur deux agents de sécurité, que deux collègues viennent relayer, puis sur les murs de la station, désespérément blancs. Il y a quelques semaines, la région a interdit la publicité dans les transports en commun. Fini les affiches proposant des cours particuliers en anglais ou les écrans animés vantant la dernière série télé à la mode. Le jeune homme esquisse un sourire en se repensant aux publicités qui, il y a encore quelques semaines, recouvraient tous les murs pour annoncer la sortie de Star Wars X.
 
Au bout de six minutes à peine, un RER A entre en station. L’automatisation des lignes a finalement du bon, se dit Paul, le trafic est plus fluide depuis qu’on a remplacé les conducteurs dans Paris. Autre coup de chance, il s’agit de l’une des dernières rames ultra-modernes mises en place début 2020, avec la climatisation et des écrans informatifs derniers cris. Le jeune francilien jette un œil à l’étage et opte pour l’une des places isolées en bout de wagon, où une prise de courant est libre. Il s’assoit, évite de poser ses pieds sur le siège d’en face (les caméras sont partout) et branche son téléphone pour l’allumer et le recharger. Premier réflexe, consulter son fil Instagram: l’accès à 3G et la 4G a été généralisé partout dans les transports souterrains depuis quelques années déjà.
 
Cliquez ici pour lire la suite de l’article
 
 
 

Commenter l’article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Je déclare avoir pris connaissance et avoir approuvé la Charte de modération et j'accepte que ma réaction soit publiée sur le site Lumières de la Ville.