Brèves

Banksy offre un nouveau visage à la « Jungle » de Calais

Quatre nouvelles oeuvres du street-artiste font couler beaucoup d’encre depuis quelques jours.
 

Banksy que la crise des réfugiés touche profondément n’en est pas à son premier coup d’essai. Il avait déjà dédié une attraction de Dismaland – son Disneyland éphémère anti-capitaliste – aux réfugiés, les représentant sous forme de poupées agonisantes à bord d’un canot gonflable.
Aujourd’hui, en réponse aux défenseur de la fermeture des frontières que l’Etat d’Urgence et la montée du terrorisme rendent de plus en plus virulents, Banksy recouvre les murs de Calais d’un message contestataire.
 
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A l’entrée de la « Jungle », où près de 4500 migrants vivent encampés, Steve Jobs, le père de Apple, est représenté les sourcils froncés et un balluchon sur le dos. Comme l’a rappelé une des porte-parole de Bansky au New York Times: « Nous pensons souvent que l’immigration pompe les ressources du pays, mais Steve Jobs était le fils d’un migrant syrien. Apple est l’une des entreprises les plus rentables au monde, elle paye sept milliards de dollars d’impôts par an… et elle existe seulement parce qu’ils ont laissé un jeune homme originaire d’Homs entrer sur le territoire [américain]. » Steve Jobs était ainsi l’un des homme les plus influents des Etats-Unis et le descendant d’un émigré. Un message lourd de sens adressé à Donald Trump!
 
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Quelques rues plus loin, c’est la version moderne du célèbre tableau de Géricault, Le radeau de la méduse, que l’artiste donne à voir aux habitants apeurés de la ville. Bien que dans l’oeuvre originale, représentant le naufrage de la frégate méduse, le premier plan soit jonché de corps sans vie, le tableau est porteur d’un message d’espoir. Les survivants agitent des tissus, laissant croire à l’approche d’un navire venu leur porter secours. L’oeuvre de Banksy, au contraire, est criante de fatalité. Le supposé vaisseau est bien représenté cette fois, mais sous les traits d’un ferry-boat que passe au large, indifférent à la situation de ces âmes à la dérive et les abandonnant à leur triste sort: l’agonie.
 
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Sur la plage, une silhouette minimaliste, celle de l’ombre d’une petite fille regardant vers l’Angleterre, interpelle. A travers sa longue vue, la côte parait bien proche et l’horizon restreint par l’ustensile ne lui permet pas d’apercevoir le charognard qui la guette.
 
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Enfin, la dernière oeuvre, écrite de la couleur du sang sur le pied d’un pont révèle « Peut-être que tout ceci se résoudra tout seul… ». Une bien triste prophétie qui devrait en pousser quelques uns à agir !
 
 
 

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