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Il y a 61 ans jour pour jour, Ellis Island, espace de transit de tous les migrants, fermait ses portes au large de New-York

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C’est un 12 novembre de 1954 que Ellis Island, l’île de la quarantaine, ferma ses portes au large de New York. Elle a été, dans la première partie du xxe siècle, l’entrée principale des immigrants qui arrivaient aux États-Unis. Plus de 12 millions de migrants ont foulé son sol depuis son ouverture en 1892. Aujourd’hui, on estime que 40% de la population américaine possède un ancêtre étant passé par cette « porte du paradis ». A cette époque, NY incarne l’espoir d’un nouveau départ, bien loin des crises et de la faim que les voyageurs harassés fuient pour la plupart.
 
Avant 1892 et l’ouverture d’Ellis Island comme centre de réception des immigrés à New York, le débarquement des voyageurs se faisait à Fort Clinton, à l’extrême sud de Manhattan (aujourd’hui dans Battery Park). De nombreuses plaintes des résidents, imputant aux nouveaux arrivants les raisons de tous leurs maux, poussèrent le gouvernement fédéral à cloisonner les entrants. Le fort militaire située à l’embouchure de l’Hudson, de par sa position insulaire, représentait l’emplacement idéal pour isoler les migrants et éviter les évasions.
 
Le 2 janvier 1892, Annie Moore, une fillette irlandaise de 15 ans, est la première à franchir le « tout premier centre d’immigration fédéral » inauguré par le président Benjamin Harrison. Mais tous les migrants cherchant à regagner la côte américaine ne passèrent pas par Ellis Island. Les passagers de première et de seconde classe étaient brièvement inspectés sur un navire avant d’être débarqués sur les quais de la « grosse pomme ». Seuls les passagers de troisième classe transitaient par Ellis Island pour subir une inspection médicale longue et laborieuse. Les médecins de l’île examinaient les yeux, les gencives, les cheveux… afin de déceler d’éventuels parasites ou maladies contagieuses. Ellis Island était le sas qui devait préserver NY de toute contamination apportée d’au delà les océans. Dans certains cas extrêmes, les voyageurs se voyaient refuser l’entrée sur le sol américain, ou étaient mis en quarantaine sur l’île pour une très longue période. Plus de 3 000 immigrants moururent à l’hôpital de Ellis Island.
 
Mais pour la plupart, le passage sur l’île n’excédait pas 24h. Les longues files d’attentes charriaient les migrants vers des bureaux de recensement. Le nom, le métier et la quantité d’argent emportée avec eux étaient enregistrés. L’Amérique sélectionnait ses futurs citoyens qui devaient devenir de futurs travailleurs ou consommateurs. Certains migrants, considérés comme inaptes à s’insérer sur le marché du travail furent refoulés. Mais seulement 2 % des arrivants virent leur admission aux États-Unis rejetée pour des raisons telles que leur état de santé ou leur passé criminel. Ellis Island était ainsi communément surnommée The Island of Tears (l’île des pleurs) ou Heartbreak Island (l’île des cœurs brisés).
 
Dès la première guerre mondiale, et après les lois sur les quotas d’immigration de 1924, qui transférait aux ambassades le rôle de choisir les futurs arrivants, l’immigration diminuera considérablement et le centre devint un lieu de détention et d’expulsion pour les étrangers indésirables: les dissidents politiques, les anarchistes, les chômeurs. Les expulsés furent 127 000 en 1933.
 
En novembre 1954, Ellis Island fut finalement fermée et inscrite au registre national des sites historiques américains. Aujourd’hui, elle abrite un musée qui accueille près de 2 millions de visiteurs par an. C’est l’un des lieu de mémoire les plus émouvant qu’il soit donné de voir.
 
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