Brèves

Cinq alternatives folles à l’avancée du désert

Selon les Nations Unies, chaque minute, 23 hectares de terre se désertifient dans le monde. Hausse des températures, incendies, déforestations, pollutions des sols, activités humaines… sont autant de causes induisant la dégradation des écosystèmes dans les zones sèches. Ces dernières représentent près de 40 % des terres émergées. Un tiers de la population mondiale vit dans ces zones arides et difficilement cultivables, soit environ 2,3 milliards de personnes. L’Afrique et l’Asie sont les continents les plus touchés, mais le Sahara reste le désert non polaire le plus étendu du monde. Véritable ogre spaciophage, son avancée inexorable vers le sud et les répercussions sur les populations du Sahel sont très redoutées.
 

Les possibilités de lutter contre la désertification sont nombreuses. Elles passent par la régénération et la fertilisation des sols, la gestion de l’eau ou encore la reforestation. Mais des architectes et des designers ont aussi imaginé des installations futuristes pour pallier à un tel problème. Voici cinq solutions pour le moins atypiques.
 
 

La bio-pyramide:


 

Ironiquement, c’est là ou le désert finit que l’agriculture naquit, sur les rives du Nil. Les égyptiens sont considérés comme étant l’une des premières civilisations à avoir pratiqué l’agriculture sur de grandes surfaces, fertilisées par les crues du Nil. Voila pourquoi les vainqueurs du concours eVolo Skyscraper Competition ont eu l’idée d’investir l’espace séparant la pyramide de Gizeh de la ville. En créant une méga structure de verre, semblable à une gigantesque serre, ils proposent de se greffer à la nécropole pour générer une nouvelle « bio-sphère » mais aussi, un pont entre le Sahara et le Caire. « Cet oasis artificiel inverserait, à la petite échelle nomade, la désertification globale » écrivent les architectes sur le site evolo.
 
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Les murs de sable:


 

« Le désert avance parce que les dunes dansent ». Lorsque la couverture de végétation chute en-dessous de 14%, l’érosion accélère de manière significative et les vents emportent avec eux de nombreux grains de sable, d’un versant à l’autre de la dune. C’est ainsi que les dunes avancent, en détruisant les écosystèmes locaux et en rendant impossible toute culture .
 
Pour lutter contre ce phénomène, Magnus Larsson, un jeune étudiant du London Architectural Association, a imaginé construire un mur de 6 000 kilomètres, au sud du Sahara, afin d’empêcher les vents de sable de recouvrir le Sahel. Sa matière première n’est autre que le désert lui-même. Pour solidifier les sable, il a l’idée d’utiliser une petite bactérie, sporosarcina pasteurii, dont la propriété est de transformer les sols sableux en grès à partir de sels minéraux. Jusqu’alors étudié pour solidifier les zones sujettes aux tremblements de terre, ce processus permettrait la construction d’un barrage naturel contre les vents et l’installation de « poches fertiles » en son sein.
 
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Les fils à eau:


 
La tour Warka, une structure facilement assemblée et peu coûteuse, extrait des litres d’eau douce à l’air éthiopien. L’invention d’Arturo Vittori, un designer industriel, et de son collègue Andreas Vogler, s’inspire des travaux d’un étudiant du MIT sur la récupération de l’eau de brouillard au Chili.
 
Le principe consiste à capturer la vapeur d’eau présente dans l’air du matin grâce à des filets sur lesquels elle se condense. La tour en forme de vase est dessinée dans un but fonctionnel: les tiges de joncs légères et flexibles sont assemblées suivant une forme qui offre la meilleure stabilité face aux vents, tout en laissant l’air circuler au travers. Un vase central récolte les gouttelettes de rosée et les redistribue grâce à un robinet. Cette eau douce et potable peut ensuite être réutilisée pour la consommation personnelle des habitants du village ou servir à irriguer les cultures.
 
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La machine verte:


 

« L’oasis mobile THE GREEN MACHINE est une plateforme, une ville agricole et industrielle nomade et autonome de régénération des écosystèmes déficients et de développement de la permaculture (permanent agriculture) . La structure pont du plateau de la ville est montée sur 4 Crawlers. Ces engins à chenilles ont été conçus pour transporter les lanceurs spatiaux de la NASA et peuvent rouler en tout terrain avec une charge considérable.
 

L’oasis mobile tire parti des éléments hostiles du désert Saharien ; le soleil puissant, le vent et la forte amplitude thermique entre les températures diurnes et nocturnes. THE GREEN MACHINE est énergétiquement autonome. Mieux encore il génère de l’électricité grâce à 9 tours solaires et produit de l’eau pour l’irrigation quotidienne des territoires parcourus » grâce à ses ballons condensateurs d’eau, écrit Stéphane Malka, l’architecte à l’origine de ce projet. En se déplaçant, cette véritable ville (constituée de serres, de champs, de bassins de rétentions, de logements, d’écoles, de restaurants…) retournerait la terre en formant des sillons sur lesquels serait versé un premier apport d’eau, de fertilisants naturels et de graines céréalières.
 
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Sous le sable… la vie:


 

Dans son célèbre roman, Frank Herbert décrit la planète Dune, où l’eau est si rare qu’elle a structuré le fonctionnement de toute une société. Ses habitants habitent dans des villages-réservoirs, les « sietches », véritables oasis souterraines. Voici donc le nom qu’a choisit une équipe de graphistes et d’architectes pour leur projet « Sietch Nevada » dans le sud-ouest des Etats Unis. Cette région abrite des millions de personnes venus s’installer avec la certitude d’être abreuvés par le puissant fleuve Colorado. Mais dans la fiction de ce projet, la sécheresse a détruit cet espoir et forcé les villes à construire des réserves d’eau souterraines.
 

Le réseau de canaux souterrains, reliés aux aquifères profonds, joue le rôle de voies de communication et d’irrigation pour les cultures. Les habitations et les commerces, protégés de l’agression du soleil, sont construits dans la paroi des immenses puits qu’ils surplombent et qui abritent les cultures vivrières.
 
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Un projet que relève plus de l’adaptation que de la lutte contre les contraintes liées à la désertification de notre planète.
 

 

 

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