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Paris désire donner un second souffle à ses commerces de proximité

© Nicolas Jacquet

© Nicolas Jacquet

guillemets-ouvrant Il n’y a pas de commerce en forme quand la ville est malade et il n’y a pas de ville en forme quand le commerce est malade »
 
Robert Rochefort.

 
 
Voila pourquoi Anne Hidalgo, la maire de Paris, réserve un budget de 52,9 millions d’euros pour préserver, voire relancer, les petits commerces de la capitale.
 
Le commerce de proximité est aujourd’hui essentiel pour répondre aux nouveaux enjeux de société. Il joue un rôle fondamental dans l’animation d’un quartier : il participe au renforcement du lien social, offre une opportunité de développement économique et de création d’emplois, répond aux difficultés liées au vieillissement de la population et au développement durable. Cependant, depuis plusieurs années, la proportion de commerces de proximité a diminué en France par rapport aux autres types de commerces passant de 75 % en 2002 à 72 % en 2008. Les comportements d’achat des consommateurs se sont tournés vers les grandes surfaces de périphérie. De plus, les manques de moyens humains et financiers des petits commerces ne leurs permettent pas toujours de rénover leurs espaces de vente et certains territoires se sont progressivement paupérisés et n’offrant plus aux petits commerces la possibilité de pérenniser leur activité sur le long terme en raison d’un pouvoir d’achat faible.
 
Ces facteurs ont poussés la maire Anne Hidalgo à mettre en place un plan pour la vitalité commerciale de la capitale. Ce dernier, divulgué lors du prochain Conseil de Paris, le 16 novembre, vise à contrer les « déserts commerciaux », les grandes enseignes et la monoactivité. L' »identité » de Paris, une des villes les plus commerçante d’Europe, mérite d’être préservée. Un budget de 52,9 millions d’euros est prévu d’ici à 2020 afin de:
– récupérer la gestion de 6.500 pieds d’immeubles des bailleurs sociaux afin de les protéger de la logique spéculative. En proposant des loyers en dessous du prix du marché, la maire espère contourner la location préférentielle à des banques ou à des grandes enseignes
– préempter une centaine de boutiques dans des quartiers menacés par la désertification commerciale qui seront rétrocédées à des commerces de proximité
– modifier le PLU afin de garantir la « destination artisanale et commerciale » de certaines voies parisiennes
– mettre en place un label « Fabriqué à Paris »
– élaborer une plate-forme baptisée « commerce.paris » proposant à tous les petits commerçants parisiens la mutualisation des utilitaires et des stocks, la livraisons de proximité, l’accès à du financement participatif, la mise en commun de données et le rapprochement avec des start-up…
 
Au cours de ces dernières années, des politiques de requalification des quartiers les plus en déprise ont été massivement engagées afin de répondre aux attentes des habitants et d’améliorer leur cadre de vie. Mais certains territoires plus ou moins excentrés de l’hyper-centre ville connaissent des difficultés plus fortes et ont vu leurs situations commerciales se dégrader.
 
Une telle initiative pour Paris intra-muros ne peut qu’être félicitée, mais il est intéressant de noter que la priorité se trouve en milieu rural, en zones périurbaines, en banlieues défavorisées ou dans les villes moyennes de l’hexagone.
 
 
 

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