Brèves

A Paris, l’exposition « ENTRER » requestionne la manière de présenter l’architecture

Projet de maison individuelle réalisé par Vers A. C'est en voyant l'ouvrage qu'un collectionneur d'art décida de confier la réalisation de son pavillon à l'agence d'architecture

Projet de maison individuelle réalisé par Vers A. C’est en voyant l’ouvrage qu’un collectionneur d’art décida de confier la réalisation de son pavillon à l’agence d’architecture

A partir d’aujourd’hui et jusqu’au 12 janvier, le centre de la Wallonnie-Bruxelles à Paris, en face du Centre Pompidou, présente cinq projets d’architecture en Belgique. Loin de refléter une tendance, cette exposition cherche à illustrer la diversité, tant programmatique que pratique, mise à l’oeuvre dans le pays.
 

La question posée est la suivante : Comment rapporter un espace tiré hors de son contexte de création ? Comment tirer l’essence d’un projet, comment la transmettre, sans passer par la maquette et la perspective de promoteurs ?
 
 

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« Les constructions sont présentées pour ce qu’elles sont, sans essayer de les faire passer pour des oeuvres d’art » défend la commissaire de l’exposition Audrey Contesse. Les plans assument leurs statuts de plans, mais la muséographie leur confère une dimension pour le moins nouvelle. Le concepteur sonore Christophe Rault et le photographe vidéaste Maxime Delvaux, s’attèlent à une mission originale : retransmettre l’atmosphère des lieux, dans lesquels le spectateur ne se trouve pourtant pas. Dans l’espace d’exposition, les cinq oeuvres architecturales ne sont donc pas reconstituées, elles ne sont que suggérées. L’ambiance dépasse l’image dans ces espaces ou l’on est invité à ENTRER.
 

Qu’il s’agisse d’une ancienne chapelle réhabilitée en réserve de musées, d’un équipement sportif recomposant un paysage, d’une laiterie désaffectée reconvertie en zone commerciale, d’une passerelle faisant office de place publique ou d’un pavillon articulant cuisine professionnelle et collection d’oeuvres d’art, le procédé de restitution est le même. Des petites bouts sont disséminés dans l’espace d’exposition. Une brique, un tableau, la photographie d’un détail, une chronologie retraçant les aléas de la commande, un croquis de topographie, une formule chimique de béton… sont autant de témoins silencieux sensés transmettre l’esprit des lieux. Les enregistrements sonores saisissent les roucoulements des pigeons, le froissement des pas sur l’herbe, la rumeur de la circulation lointaine, tandis que la caméra capture des plans fixes. Les lieux sont habités, voila ce que le visiteur est invité à réaliser.
 

Ces fragments permettent difficilement de se saisir de l’aspect général des projets. En les assemblant, c’est un paysage mental que l’on recompose, surement bien loin de la réalité mais qu’importe. Cette exposition est une invitation à déambuler à travers des traces. On vous la recommande vivement.
 
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Exposition ENTRER, du 5 novembre au 12 janvier 2015.
Centre Wallonie-Bruxelles – Salle d’exposition
127-129 rue Saint-Martin 75004 Paris – M° Rambuteau
 
 
 

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