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Hommage aux SDF avec le collectif « Morts de rue » et le photographe Sylvain Leser à l’occasion de la Toussaint

« En 2014 en France, plus de 480 personnes sont mortes dans la rue, à 49 ans en moyenne tandis que la moyenne nationale est de 82 ans » déclare le collectif Morts de rue. Les 150 bénévoles militent pour faire savoir que vivre dans la rue mène à une mort prématurée. Ils cherchent à dénoncer les causes souvent violentes de ces morts et à veiller à la dignité des funérailles de ces oubliés.
 

Cette année à Grenoble, en ce jour de fête des morts, le collectif invite les passants à fleurir les tombes des SDF fauchés par l’hostilité urbaine. Tandis que chacun, les bras chargés de chrysanthèmes, allait fleurir les siens, les bénévoles distribuaient des fleurs au Cimetière du Grand Sablon.
 

De nombreuses actions de ce genre sont menées par Morts de rue, afin de sensibiliser l’habitant lambda à la condition de ces « objets humains évanescents », qu’ils voient mais ne regardent pas. En mars dernier, sur la place de la Bastille à Paris, ils avaient ainsi disposé 480 cubes blancs en origami (un pour chaque mort de l’année) sur lesquels étaient gravés un prénom, parfois un nom, des initiales, un surnom ou une simple précision « un homme », « une femme ». Les passants y déposaient une rose, se penchaient sur ces petites stèles immaculées… prenaient la mesure de l’étendue du paysage de défunts.
 

« Vivre à la rue, on en crève », insiste Christophe Louis, président du Collectif, mais rarement de froid même si c’est toujours durant les hivers rudes que les bonnes consciences se réveillent. Les sans logis meurent le plus souvent à cause de violences (agression, accidents, suicide), de maladies ou d’usure.
 

Le travail du collectif ne s’arrête pas l’organisation d’évènements commémoratifs. Deux d’entre eux sont chargés de recueillir des témoignages relatifs à la vie des défunts. Ils font resurgir la mémoire, la trace bien vivantes qu’ont l’aissé Marco, ou Mahie, ou Daniel, ou Abdullah…
Vous trouverez ces traces de vie sur le blog Mémoire des Morts de la Rue. Une manière de lutter contre cette double exclusion, celle subie dans la vie et celle subie dans la mort.
 

Pour leur rendre un hommage à notre manière, Lumière de la ville vous propose de donner un visage à ces « marginalisés ». Découvrez les photographies saisissantes de Sylvain Leser qui a passé plusieurs années à sillonner la nuit parisienne à la rencontre de ces silhouettes invisibles.
 
Sans demeures, des habitacles pour refuges : la ville est leur habitat. L’identité du lieu confère son identité au personnage. C’est par la place que celui-ci a choisi d’occuper dans la ville qu’il est présenté. C’est elle qui définit qui il est. Un fragment de voute, un bout de pont, une grille, une plaque, un morceau de quai… sont autant d’adresses informelles que le photographe saisit. Etrangement, cette place se niche souvent dans les quartiers rutilants de Paris. Les monuments emblèmes de la puissance de la capitale font partie du décor : Arc de Triomphe, Pont Bir Hakeim, Muséum d’histoire naturelle, Tour Eiffel… La misère du premier plan côtoie la richesse des façades sur éclairées. L’anonymat se love dans l’ombre des symboles de pouvoir emblématiques. Lorsque la pluie bat, lorsque la neige tombe, lorsque le froid sévit, les silhouettes humaines se recouvrent de membranes protectrices et fragiles. Sacs, manteaux, boites, toiles de tentes, profilent des formes aux allures de chrysalides.

 
C’est à se demander s’il reste encore une condition humaine dans la nuit urbaine.
 
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