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La Suède se fait payer pour importer des déchets et faire tourner ses usines

153103Oslo
 

C’est le monde à l’envers! Alors que de nombreux pays ne savent plus quoi faire de leurs déchets, que les décharges à ciel ouvert prennent des allures de montages putrides, que les sols se chargent de liquides toxiques et les airs de cendres nuisibles à la santé, la Suède vit une réelle pénurie de déchets.
 

Le pays est en effet équipé d’incinérateurs capables de fournir de l’énergie à partir de la combustion des ordures ménagères. Grace à ce système et aux deux millions de tonnes de déchets produits par 9 millions et demi de Suédois, le pays est capable de produire suffisamment d’énergie électrique pour approvisionner 950 000 foyers.
 

Grâce à une politique débutée au milieu des années 70, la Suède, avec son « 1% déchets » (soit 99% des déchets transformés), se place en leader mondial dans la transformation des ordures. Cependant, cette “sur-efficacité de l’économie circulaire” pose problème puisque le pays ne fournit pas suffisamment de déchets combustibles pour faire fonctionner ses usines à plein régime. La solution: l’importation. Près de 800 000 tonnes de déchets sont acheminées par an selon un modèle de « gagnant-gagnant » (surtout pour la Suède). De nombreux pays rémunèrent la Suède pour les débarrasser des déchets qu’ils sont incapables de recycler faute d’équipements. En ce qui concerne la Norvège, le contrat est d’une autre nature. Les cendres générées par l’incinération sont extrêmement polluantes pour l’environnement. La Norvège, experte dans leur traitement, accepte de les récupérer en échange de déchets (à la Suède) dont l’incinération lui reviendrait très chère. Une nouvelle filière d’export-export est en train d’émerger.
 

Dans cette logique, l’empreinte écologique et le mix énergétique pour la Suède sont optimisés puisque le pays a également recours à l’énergie hydraulique, nucléaire, et éolienne, qui représentent plus de 80 % de sa production électrique.
Avec un taux d’émission de CO2 des plus bas pour un pays très industriel et devant faire face à des hivers fort rudes, le pays est allé au-delà de l’objectif fixé par la Directive européenne sur les renouvelables qui est de 20 % contre 50% portés par la Suède.
 

Un exemple à suivre !
 

©Mihkkal Buothá

©Mihkkal Buothá


 
 

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